...

...
L' INSPIRATION FAIT SA GRANDE RENTREE ON DIRAIT
JE VOUS PROMET UNE NOUVELLE PARTIE, CETTE APREM, CE SOIR OU DEMAIN
ELLE A DEJA BIEN AVANCEE SAUF QUE JE TROUVE SANS ARRET DES CHOSES A RAJOUTER !!
PREPAREZ VOUS A ETRE SURPRISES =D


Pour toi :
je sais que tu te reconnaitras, merci pour tes commentaires à chaque fois
j'ai l'impression que tu comprends tout ce qu'il y a dans ma tête
je suis fan de nos conversations qui durent toute la nuit
ou de tes journées que tu me racontes au téléphone
Tu es vraiment géniale et toi aussi tu comptes beaucoup pour moi
Tu es tjrs là quand je vais pas bien et tu sais tjrs me remonter le moral
Tu me donnes l'inspiration et la motivation pour continuer d'écrire
Pas besoin d'expliquer tout ce que je ressens... tu le sais déjà
<3





Ma Julie =D : déjà wahouuuu les coms de fous que tu m'as laissée... j'adore <3
je suis trop fan de se que tu m'écris ! T'es vraiment extra et tes compliments me vont toujours droit au coeur alors je tiens déjà à te remercier pour le temps que ça a du te prendre pour m'écrire tout ça !
Ensuite pour te répondre, quand on lui caresse le visage c'est un rêve... mais en se reveillant elle voit bill rougir donc après on peut en effet imaginer que c'était lui et que donc elle rêvait pas =P
Ensuite pour la relation Tom/Ady je me sers de ce que moi je vis avec mon meilleur ami. Il est en couple mais ça nous arrive très souvent de dormir dans le même lit, d'être tout le temps ensemble donc moi ça ne me choque pas qu'il embrasse Ady dans le cou devant sa copine... j'avais jamais vu ça sous un autre angle que le mien =S
Je pense qu'il peut exister une amitié très très forte entre une fille et un garçon, évidemment en grandissant ça pose quelques problèmes, il faut juste se poser des barrières
Donc comme tu dis oui je pense que c'est une amitié fusionnelle, y'a rien a expliquer et on ne peut pas comprendre si on n'est pas eux... lol ^^ Ils ont besoin l'un de l'autre mais il y en a toujours un qui finit par souffrir et dans mon histoire c'est elle !
Pour la sortie c'était mon p'tit kiff =P j'avais trop envie que bill l'invite à sortir et comme j'ai que des lectrices j'me suis dit qu'un peu de guimauve ne déplairai à personne !
Et l'idée du bar/chalet ça mets venue d'un seul coup, perso j'en connais pas mais dans ma tête je me suis trop imaginé le truc. Je vois parfaitement leur table, comment ils sont installés et tout !
Je suis super fière que tu ai réussi à t'imaginer la scène ^_^
J'aime bien instaurer des p"tits jeux entre les personnages et Ady c'est moi donc elle réagit pareil que moi et je fais souvent semblant de bouder !! LOOL Comme toi aussi on dirait !
Et si Bill ne lui en veut pas c'est parce qu'il pense à son frère avant tout. Il rend Ady responsable de son malheur à lui, mais d'un sens elle a rendu Tom heureux. Ils ont grand ensemble et elle a su prendre soin de lui
Mais tu verras qu'il lui en veut quand même beaucoup d'avoir pris sa place.
Et oui Tom ne se rend compte de rien, pour lui tout est rose, tout est beau, tout est parfait. Il voudrait que sa meilleure amie partage son bonheur, son bonheur le rend complètement aveugle à la souffrance que ressent Ady... ET il comprend pas, ça le rend agressif et méchant, il sent qu'ils s'éloignent mais il préfère s'énerver plutot que d'avouer que ça lui fait mal.
Une réponse dans la prochaine suite ?
Hummm je sais même pas ce qu'il va y avoir dedans. J'ai quelques petites idées mais rien de concret
comme d'habitude ça arrivera en tapant =D
J'te fais pleiiiiins de bisoux ma belle et si tu veux discuter hésite pas !!
<3<3<3

# Posté le dimanche 07 juin 2009 12:17

Modifié le samedi 21 novembre 2009 09:25

o1

 o1
*
La différence est source de peurs et de rejets.


Partie 1 :


*
*

.......Nouvelle année. Nouvelle école. Le rêve quoi ! Tout va bien dans le meilleur des mondes... Enfin presque.Je suis assise à côté de ma mère qui me fixe depuis que nous sommes montées dans la voiture. La pauvre, je lui en fais baver et je m'en veux beaucoup aujourd'hui parce qu'elle ne le méritait pas. Ma mère m'élève toute seule, elle a toujours tout fait pour me rendre heureuse et moi qu'est-ce que j'ai fais? Je me suis fais virer de mon ancien bahut. Mais aujourd'hui j'ai bien changé, j'ai pris de bonnes résolutions et je compte bien les tenir, mon but étant de rendre ma mère fière de moi.
Ses mains sont crispées sur le volant... Pauvre maman.. J'ai vraiment pas été cool avec toi mais je te promets que tout va s'arranger.
.......La voiture se stoppe devant le lycée... Sympa c'est déjà pas trop l'affiche pour une première journée : maman qui te dépose limite dans la cour du lycée ! J'oublie rapidement la honte quand je me rends compte de l'immensité du batiment. Dieu s'il vous plait faîtes que je ne me perde pas !
Je sens la main de ma mère qui se pose sur ma cuisse, je tourne la tête vers elle, un peu inquiète. Elle m'offre un beau sourire rassurant comme elle sait si bien les faire. J'ai beau ne jamais lui dire ça n'empêche que je l'aime ma maman.


Maman : allez ne t'inquiètes pas je suis sure que ça va très bien se passer
Moi : si tu le dis
Maman : maintenant files avant d'être en retard
Moi : à vos ordres mon général


.......Elle m'envoie une petite tape derrière la tête avant que je ne vienne poser mes lèvres sur sa joue en guise d'au revoir. Je sors de la voiture et m'apprête à claquer la portière quand :

Maman : oh Ilse !
Moi : hum?
Maman : ne te fais pas renvoyer
Moi : promis... je vais essayer,
lui dis-je en souriant



.......Je claque la portière et elle m'adresse un bref signe de main avant de m'abandonner devant ce nouveau lycée. Je regarde la voiture partir et continue de fixer un bon moment le carrefour même après que toutes traces de son passage aient disparues. Et oui pour le coup on fait beaucoup moins sa maligne quand on est seule ! Je prends une grande inspiration avant de me retourner pour faire face au bâtiment. Tout les élèves rejoignent leurs amis à la grille, fumant leur dernière clope de la journée... Hum en parlant de clope... c'est pas une mauvaise idée.
.......J'avance moi aussi jusqu'à la grille, restant à l'extérieur du lycée puisque l'intérieur est non-fumeur comme dans tout les lycées. J'allume ma cigarette et observe un peu tout les gens autour de moi. Il y a vraiment beaucoup de monde. Beaucoup plus que dans mon ancien lycée en tout cas. Différent styles s'opposent, du look le plus classique au plus extravagant... J'écrase mon mégot par terre et en relevant la tête mon regard est aussitôt attiré par un jeune homme brun qui descend de sa voiture. Son allure est très efféminée mais sa taille et son manque de poitrine me font dire qu'il s'agit bien d'un homme.
.......Il avance tête baissée et passe à côté des élèves sans leurs adresser un seul regard. Ses lèvres bougent comme s'il parlait à quelqu'un mais je ne vois ni téléphone portable, ni oreillette... Les autres rigolent dans son dos, se moquant apparemment de lui mais il ne retient pas et poursuit sa course jusqu'à disparaitre dans l'enceinte du lycée. Drôle de garçon !
.......Ma montre m'indique qu'il ne me reste que 10minutes avant que la sonnerie ne retentisse. Je passe donc par la porte que le grand brun a empruntée juste avant moi et tombe dans un immense hall. Des flèches sont là, m'indiquant de quel côté aller. Je me poste devant le secrétariat, attendant patiemment que la blonde en mini-jupe ai fini sa discussion avec l'autre secrétaire, brune cette fois-ci. Je me racle bruyamment la gorge pour indiquer ma présence mais les deux jeunes femmes ne font que me regarder avant de repartir dans leur conversation.


Moi : excusez-moi de vous déranger pendant vos passionnants récits de vacances mais c'est la rentrée et j'ai pas super envie d'être en retard le premier jour
Blonde : pour être aussi aimable vous devez être Ilse Murdën
Moi : ravie qu'on vous ai parlé de moi
Brune : rassures-toi tout le monde te connais ici et tu vas être personnellement surveillée cette année
Moi : c'est un honneur,
leur lançais-je en souriant, maintenant si vous pouviez me dire où je dois aller ça serait vraiment gentil et vous pourriez reprendre vos conversations fortes intéressantes
Blonde : batiment B, salle 207


.......Je les regarde, l'air un peu perdue mais apparemment elles n'ont pas l'air de vouloir m'en dire plus... Sérieux à quoi ça sert les gens comme ça? Je soupire et repars sans même les remercier. Je me poste au milieu du hall cherchant de quel côté se trouve ce fameux batiment B quand un groupe de filles viennent vers moi.

Katya : salut, moi c'est Katya

.......Je me retiens de rire en entendant cette fille parler. Comment un humain peut avoir une voix aussi aigue? Déjà que son allure façon "Barbie" est tordante à voir mais faut l'entendre parler je vous assure. On dirait qu'elle se force à avoir une voix sexy, ce qui entre nous est un échec cuisant !

Moi : moi c'est...
Katya : Ilse !
dit-elle en me coupant


.......Ok, tout le monde me connait alors que je n'ai jamais mis un pied dans ce lycée avant aujourd'hui. Cette fille me sourit de sa grosse bouche pleine de gloss. Elle a l'air très fière d'être tombée sur moi en première. Non je suis pas insociable, loin de là... C'est juste que ce genre de personne m'insupporte à un point ! Je me force à lui sourire et regarde ses deux magnifiques caniches qui la suivent au pas. J'ai à peine le temps d'ouvrir la bouche qu'elles répondent déjà à ma question muette.

Elke : moi c'est Elke
Oda : et moi Oda


.......Je leur réponds par un simple hochement de tête... Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre de vos prénoms. Putain et en plus voilà la cloche qui sonne. Je connais toujours pas ma salle, ni ma classe... Ça commence vraiment bien ! Que pourrait-il y avoir de pire? Katya se retourne vers ses... copines? Avant de leur dire :

Katya : c'est bon les filles vous pouvez aller en cours, je reste avec Ilse

.......En faite je sais ce qui pourrait être pire : être à la place de ces filles. Elles se contentent de sourire à Katya et de partir chacune dans une direction. Chérie si tu crois que je vais être ton troisième larbin tu te gourres ! Allez Ilse trouve une idée... n'importe laquelle.

Moi : je vais te laisser parce que je connais toujours pas ma classe et le temps que j'trouve ma salle je...
Katya : cherche pas t'es avec moi, on est dans la même classe


.......Putain c'est une habitude chez elle de couper les gens quand ils parlent? Youpiiii mais c'est génial quelle super nouvelle! Je ne lui souris pas et la suis juste à travers les couloirs, montant quelques escaliers avant de nous stopper devant une porte. Peu après le prof arrive et les élèves entrent un par un, me scrutant de la tête aux pieds. Dieu que je déteste ça ! Katya parait toute fière d'être à mes côtés et j'allais lui parler lorsque mon regard se posa sur lui*. Le brun de tout à l'heure est apparemment dans la même classe que moi. Il est assit tout seul à l'avant dernier rang et griffonne au crayon papier sur une feuille blanche. En faite en y réfléchissant je crois qu'il dessine... En tout cas quoi qu'il fasse, il a l'air concentré et ne porte aucune attentions aux insultes et autres menaces qui pleuvent sur lui.
.......Pourquoi font-ils ça? Qu'est-ce que ce garçon a bien pu faire pour mériter ça? Je sursaute en sentant Katya poser sa main sur mon épaule et me glisser à l'oreille :


Katya : c'est Bill le gogole

.......Je me retourne furieusement vers elle et lui demande en fronçant les yeux :

Moi : pardon ?
Katya : mais tu peux aussi l'appeler Bill le débile et le trizo... il est habitué maintenant et ne dis plus rien,
ajoute-t'elle en riant
Moi : c'est à dire?
Katya : ce mec est flippant, il passe son temps à parler tout seul tu verras. Les prof disent qu'il est autiste mais si tu veux mon avis ce mec est fou, c'est un gogole, un débile mental !
ajoute-t'elle en tapant son index contre sa tempe


.......J'avoue que sur ce coup-là je ne sais pas quoi répondre alors je tourne les yeux vers ce pauvre garçon, seul à sa table. Concentré sur sa feuille de papier pendant que les autres lui lancent morceaux de gomme et autres boulettes de papier. J'ai envie de leur hurler d'arrêter mais j'ai promis à ma mère de ne plus me faire remarquer alors je ne fais que fixer ce garçon, ce Bill...

Prof : bonjour à tous, dit-il en montant sur l'estrade, je suis Mr Hötlz votre professeur d'histoire géographie et accessoirement professeur principal de votre classe, il ouvre son cartable et en ressort un feutre avant d'écrire son nom au tableau, s'il vous plait tout le monde s'assoit et arrête ses activités

.......Quoi? Et c'est tout? Je vois pas en quoi jeter des projectiles sur un élève est une activité ! C'est vraiment un drôle de lycée... Je soupire avant de partir vers le fond de la salle, résignée à devoir m'asseoir à côté de Miss Monde. Mais apparemment le prof voit les choses autrement :

Hötlz : Mademoiselle Murdën pas si vite
Moi : y'a un problème ?
Hötlz : vous ne vous présentez pas à la classe?
Moi : non,
répondis-je le plus simplement du monde


.......Peut-être que j'y suis allée un peu fort. Le prof me regarde avec de grands yeux, ne s'attendant apparemment pas à cette réponse de ma part. Ilse bordel un petit effort... Sois agréable c'est pas dur pourtant. Je souffle bruyamment avant de faire demi-tour et me diriger vers mon prof qui sourit. Je lui fais peur ou quoi? Il s'écarte du tableau pour me laisser la place. Attends t'as pas cru que j'allais faire un discourt sur l'estrade quand même? Je me poste à côté du bureau et lui dit tranquillement :

Moi : je ne pense pas avoir besoin de me présenter puisqu'apparemment tout le monde me connait déjà
Hötlz : hum.. euh... oui, très bien, balbutie-t'il, alors vous irez vous asseoir derrière Monsieur Kaulitz


.......J'hallucine, ma réputation m'a vraiment suivie jusqu'ici, les profs me craignent déjà sans même me connaitre. Peut-être devrais-je leur dire que j'ai pris des bonnes résolutions ? En faite non, j'aime trop les avoir sous mon contrôle. Je tourne la tête vers la classe, évidemment tout le monde me regarde et cherche des yeux qui est ce "Kaulitz". Le brun a relevé la tête, j'en déduis que ça doit être lui.
Je le regarde quelques secondes mais sitôt que mon regard croise le sien il baisse les yeux et je vois ses lèvres bouger. A qui parle-t'il comme ça?
.......Bref, j'attrape mon sac et me dirige vers le fond de la salle. J'hésite et me stoppe finalement devant la table de Bill qui ne réagit. Il du sentir mon regard posé sur lui puisqu'il relève prudemment la tête dans ma direction.


Moi : salut, tentais-je

.......Sa tête retombe aussitôt comme si je venais de le vexer... Je crois que s'il pouvait se cacher sous sa table il y serait depuis un bon bout de temps déjà ! De la timidité? A ce point-là quand même faut pas pousser. N'obtenant aucunes réponses de sa part je m'installe à la table derrière lui c'est à dire au dernier rang. Plutôt cool en faite : je suis à côté de la fenêtre. Je sors une feuille et commence à noter distraitement ce que nous dit le prof mais pour quelqu'un qui n'a jamais bossé en cours je peux vous dire que c'est super dur de s'y mettre. Malgré ma bonne volonté je fatigue... 10minutes après le début du cours. Finalement je laisse tomber mon stylo et m'enfonce dans ma chaise.
.......Je jette un coup d'oeil distrait à ce que fait mon voisin de devant, il dessine toujours mais je n'arrive pas à voir de quoi il s'agit. En tout cas il a l'air de savoir exactement ce qu'il fait... Chaque trait de crayon semble étudier avec précision. Ce garçon m'intrigue énormément... D'ordinaire j'aurais été la première à me moquer de lui et à l'insulter mais j'ai changé et de manière plutôt positive je dirais. Je l'entends chuchoter d'une voix douce... un peu comme s'il chantait mais sa voix est beaucoup trop faible pour que je puisse saisir quelque chose alors je tente :


Moi : euh... Bill ?

.......Je pense que même un arbre ou un mur serait plus coopératif que lui... Finalement peut-être n'a t'il tout simplement pas envie de parler. Peut-être qu'il aime la solitude? La solitude oui mais surement pas le fait d'être humilié et sans arrêt rabaissé par ses camarades de classe. J'imagine l'enfer que doit vivre ce garçon tout les jours. Peut-être même que ça dure depuis des années. J'entends encore sa voix qui n'est que murmures et chuchotements et décide de le laisser tranquille avant d'entendre :

Mec : hey le débile on te parle !

.......Il sort d'où ce p'tit con? Quel est l'abruti qui a osé l'ouvrir? Je lève la tête et regarde autour de nous. C'est le premier mec, juste à la table voisine de celle de Bill. Il le regarde et rigole, se foutant ouvertement de la gueule du brun qui n'a porté rien demandé. Il tourne ensuite la tête vers moi et me fais un clin d'oeil avant de me sourire. Attends tu m'as pris pour ta pote?

Moi : ouais justement c'est à lui que je parle alors tu serais gentil de t'occuper de ton cul

.......Le mec me regarde, les yeux écarquillés. De toute évidence il ne s'attendait pas à ça. Ne crois pas que moi aussi je vais me mettre à insulter ce Bill alors qu'il n'a jamais fait de mal à personne. Je suis nouvelle mais pas stupide pour autant. Je ne compte pas faire comme les autres pour réussir à m'intégrer. Jamais je ne changerais et surement pas pour devenir comme vous. Il cherche une quelconque marque d'ironie dans ce que je viens de dire mais mon regard noir lui confirme que je ne plaisante pas et qu'il a plutôt intêret à fermer sa grande gueule.
.......Un débile mental... C'est bien ce que Katya m'a dit tout à l'heure. je me demande qui de vous ou de lui est vraiment débile? Lui parce qu'il est solitaire ou vous qui vous jouez de sa fragilité et le traitez comme un moins que rien?


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.......Enfin la pause ! Je dis ça mais je n'ai pas vraiment vu le temps passer pour cause de... sommeil ! Je m'étire longuement en me demandant où je vais bien pouvoir passer ces 20minutes de libre. Malgré l'interdiction je me dis qu'une petite cigarette serait la bienvenue. Je quitte le batiment pour me réfugier sous les escaliers, ici je ne pense pas pouvoir être vue. Je sors de mon sac mon précieux paquet et en tire une clope que j'allume aussitôt. Je m'assois par terre; dos au mur et ferme les yeux en rejetant la fumée toxique par mes narines. Les battements de mon coeur s'accélèrent lorsque j'entends des bruits de pas et je jette précipitamment ma clope derrière les jardinières avant de voir cette abrutie de Katya me rejoindre.

Katya : je t'ai cherchée partout... pourquoi tu m'a pas attendue?

.......Pourquoi je t'aurais attendue? C'est plutôt ça la bonne question ! Je ne lui réponds pas et pars chercher ma clope derrière les fleurs. Je la raccroche à mes lèvres sous les yeux choquées de Barbie qui me regarde la bouche grande ouverte. Elle est en mode pause ou quoi? Non je dis ça parce qu'elle bouge plus. Ah si ça y est elle agite ses mains manucurées dans tout les sens avant de me dire :

Katya : tu sais que c'est interdit ?

.......Nooooon ? Pas possible, tu m'apprends un truc là !

Moi : et?
Katya : tu pourrais te faire punir


.......Je me retiens d'exploser de rire devant son air de Sainte Nitouche. Tu sais ma grande j'ai déjà été renvoyée et collée plus de fois que tout le lycée réuni alors c'est pas une punition qui me fais peur. J'écrase mon mégot avant de l'enterrer dans la jardinière et on reprends la direction de la cour principale.

Katya : en faite tu sais ici tout le monde te connais parce qu'on sait d'où tu viens et on sait que t'as été virée de ton ancien lycée mais personne ne sait vraiment pourquoi
Moi : disons que moi et mes profs on avait pas la même vision des choses et on aimait bien confronter nos points de vue


.......Oula j'aurais du être plus clair parce que la pauvre Katya plisse les yeux pour essayer de comprendre ce que je viens de dire. Pour être plus précise avant je disais haut et fort ce que je pensais ce qui n'était pas forcément du gout de mes professeurs. J'aimais être respectée et qu'on me craigne dans tout le lycée était la plus belle récompense qui soit pour moi. Je n'hésitais pas à écraser ceux qui venaient se mesurer à moi. Bref j'ai commencé à vraiment mal tourner, il m'arrivait même de devenir violente et c'est lorsque j'ai envoyé un de mes camarades aux urgences que le proviseur à décidé de m'exclure définitivement.
.......Je regarde Katya qui semble toujours en pleine reflexion, au pire même si elle n'a rien compris je m'en fou tant qu'elle me respecte. Son rôle de petit chef a pris fin depuis que je suis arrivée. Ah ! On dirait qu'elle laisse tomber puisqu'elle me sourit comme un boulet avant de me dire :


Katya : bon faut que je passe aux toilettes me remaquiller, tu viens?
Moi : on s'rejoint plutôt en classe
Katya : comme tu veux, j'y vais avant que ça sonne


.......Il reste 10minutes avant que la cloche ne sonne mais vu le boulot qu'il y a oui vaut mieux commencer le ravalement de façade au plus vite ma pauvre Katya. Dieu que cette fille me fait de la peine. A quoi bon être aussi superficielle? Elle me fait penser aux secrétaires de ce matin, dans le sens où... elle ne sert à rien ! J'avance dans la cour et aperçois Bill, tout seul comme d'habitude, assis sur un banc... loin des autres. Il tient quelque chose entre ses mains. Peut-être bien qu'il s'agit d'un livre. Quoi qu'il en soit je ne peux empêcher mon coeur de se serrer en le voyant. Il n'a pas l'air triste, non !
.......C'est justement ça qui m'impressionne. C'est comme si tout ce qui se passait autour de lui ne l'atteignait pas, comme s'il était bien au-dessus de ça. J'admire son courage et la force dont il fait preuve chaque jour. Je m'adosse au mur, d'ici je le vois très bien et je peux le surveiller comme je veux. Ses lèvres se mouvent, il doit encore parler... Mais à qui parles-tu comme ça Bill? J'aimerais vraiment le savoir...
.......Je n'ai pas trop le temps d'y réfléchir que je vois trois garçons s'approcher de lui. Par précaution je m'avance aussi et me poste près d'eux. Tient ils l'insultent... pour changer un peu.


Mec : t'as vu Mike, notre petite tapette préférée est revenue
Mike : tu sais que tu nous aurais manqué sinon, hein Jo?
Jo : une année sans Bill le débile... c'est beaucoup moins drôle
Mike : alors comment va ton ami imaginaire ?


.......Bill ne répond évidemment rien, se contentant de baisser la tête encore un peu plus. Malheureusement Bill... tu ne disparaitras pas. Même avec toute la volonté du monde tu ne seras jamais transparent aux yeux des gens. Pourtant ils savent si bien t'ignorer... Tu auras beau te cacher, ils te suivront et te trouveront partout. Pourquoi toi Bill? C'est surement ce que tu dois te demander tout les jours. Pourquoi toi alors que tu n'as jamais rien fait à personne? Je vois ses doigts se crisper sur son livre. Ses ongles s'enfoncent dans le cuir noir de la couverture... Tu ne veux pas craquer, pas devant eux... Tu ne veux surtout pas leur montrer que tu es faible, ça serait admettre qu'ils ont gagné mais Bill : maintenant tu n'es plus tout seul.
.......Ses longs cheveux noirs cachent son visage, ainsi on ne peut voir la tristesse et ras le bol qui s'en dégage. La lassitude qui commence à le ronger. J'imagine sans difficulté sa peine quoi que je ne puisse pas en ressentir ne serait-ce que le dixième de ce que qu'il subit à longueur de journée. La race humaine est cruelle et ses individus profondément cons. Le malheur des uns fait le bonheur des autres... ce proverbe te correspond si bien Bill parce que ton clavaire fait la joie des élèves de ce lycée.
.......Mes sens se mettent en alerte lorsque le plus grand, un blond se baisse pour ramasser un cailloux au sol. Je me sens d'un coup très mal pour Bill, le seul problème c'est que je reste figée sans savoir quoi faire ni comment intervenir. Je ne veux pas risquer ma place ici... Il se redresse et lève le bras, près à jeter la pierre sur le brun qui ne rechigne pas et garde la tête baissée serrant son livre comme un trésor contre son torse.
.......Je me décide à avancer, peut-importe ce qui arrivera pour moi, personne n mérite d'être traité ainsi. Personne ne mérite autant de haine gratuite. Je viens me placer entre Bill et les trois garçons.


Moi : j'serais toi je ne ferais pas ça
Mike : ah ouai? Et pourquoi ça? Tu l'as vu, il ne répond même pas quand on lui parle ! Il faut lui apprendre la politesse au débile
Moi : pose ça
Mike : ou?
Moi : ou tu prendras mon poing dans la gueule,
répondis-je froidement


.......Ouais c'est direct je sais mais j'ai jamais vraiment fait dans la dentelle. Je n'ai peur de personne et surtout pas de trois merdeux qui se prennent pour les rois du monde. Je ne cherche pas l'embrouille mais ma franchise peut en dérouter plus d'un. En tout cas ça a l'air d'avoir fait son petit effet, le grand blond ne s'attendait apparemment pas à cette réponse. Le fait qu'une fille vienne défendre Bill Kaulitz ne faisait pas parti de ses plans. Il balance son cailloux un peu plus loin et son pote le tire par le bras pour l'amener vers l'arrière et prendre sa place.

Ahren : c'est qu'elle ferait presque peur la minette. Moi c'est Ahen et toi?
Moi : enfin quelqu'un qui ne me connait pas... ça me soulage
Ahren : tu joues à quoi là? T'as envie de faire ta grande?
Moi : et vous ça vous amuse de vous attaquer à Bill? Sérieux vous êtes aussi faibles que ça? Regardez-le, trois contre lui? Vous être que des grosses mauviettes en réalité,
lui lançais-je en me rapprochant de lui
Ahren : retires c'que tu viens de dire
Moi : oh je t'ai vexé?


.......Le pauvre Ahren commence à devenir tout rouge sous la colère. Ses poings se serrent... ce qui pour moi est un signe de victoire. Je ne m'écrase jamais et c'est pas trois pauvres cons qui vont me faire peur. Ils ne font pas le poids face à moi. Dans d'autres circonstances peut-être que je n'aurais rien dit mais ce qu'ils font subir à Bill me répugne et je ne peux pas fermer les yeux comme si rien ne se passait dans ce lycée. Je pense avoir une raison valable de me mettre en colère et quand je vois des connards pareils je me dis vraiment que l'homme est l'animal le plus inutile sur terre.

Jo : tu es Ilse ?
Moi : possible
Jo : alors tu ne peux pas nous frapper
Moi : tu veux parier?
Mike : c'est vrai t'es surveillée,
rit-il, la moindre connerie et tu seras virée d'ici


.......Touché... Un point pour eux, sur ce coup-là ils ont juste. Aucune bagarre ne m'est autorisée, j'ai l'impression d'être en prison, continuellement surveillée. Je ne veux pas décevoir ma mère, il est hors de question que je sois virée d'ici. Mais est-ce que je dois abandonner Bill à son pauvre sort pour autant ? Ça ce n'est pas envisageable pour moi.
.......Une chance que je sois très bonne manipulatrice... Il n'y a pas que la violence dans la vie. Je m'approche donc de ce cher Mike qui contrairement à ce qu'il pense ne m'impressionne pas le moins du monde et colle pratiquement mon visage au sien avant de lui souffler :


Moi : j'ai déjà été virée une fois... je te laisse deviner pourquoi. Vous ne m'impressionnez pas, approchez-vous une seule fois de Bill et j'vous promets de vous le faire regretter

.......Le pauvre garçon reste figé sur place. Ses yeux fixant toujours les miens. Si tu savais que tout ce que je viens de dire n'est que mensonge. Perdre ma place dans ce lycée c'est hors de question mais les gens sont tellement cons qu'ils me craignent quand même. S'ils savaient... Si je leur touche ne serait-ce qu'un cheveux, je finis à la grille. Mais j'avoue que je suis très forte en ce qui concerne les menaces et on dirait que je suis toujours aussi persuasive qu'avant ! Finalement ma réputation n'aura pas que de mauvais côté.
Je regarde les trois garçons s'éloigner avant de me tourner vers Bill toujours assis sur son banc. Il n'a pas changé de position, il est légèrement penché vers l'avant, assez pour que personne ne puisse voir son visage et il se balance sensiblement d'avant en arrière en serrant son livre contre son torse.
.......Je m'accroupis devant lui et lève les bras prête à poser mes mains sur ses genoux comme je l'aurais avec n'importe qui d'autre mais justement, Bill n'est pas n'importe. Malgré que je ne le connaisse pas, ce geste pourrait l'effrayer, je suppose qu'il n'a jamais du avec de contacts physique avec qui que ce soit alors je me ravise et pose mes mains sur mes propres genoux. Je penche la tête pour espérer apercevoir son visage mais ses longs cheveux le cache.
.......On dit bien : qui ne tente rien n'a rien. D'une voix, que j'essaie la plus douce possible, je tente :


Moi : est-c'que ça va?

.......Il tourne alors doucement la tête vers moi comme s'il avait peur que moi aussi je lui tape dessus et mon coeur loupe un battement quand mon regard croise le sien. Il a les beaux yeux que j'ai jamais vu de ma vie. Pourquoi passer ses journées à essayer de cacher un si magnifique visage? Il est terriblement beau je dois bien l'avouer. Je me pince furieusement les lèvres devant la surprise. Je ne m'y attendais vraiment pas. Tout ces gens ont-il déjà pris la peine de le regarder ? Ses yeux chocolat sont cernés à la perfection de noir, ce qui ne fait qu'accentuer la puissance de son regard qui est d'une intensité à couper le souffle. Mon coeur n'a surement jamais battu aussi rapidement.
.......Je reste comme une conne à détailler son visage d'ange sans remarquer un seul instant que ça le gêne énormément. Il se lève rapidement et me bouscule avant de repartir vers notre salle. Je me sens conne à l'avoir fixé ainsi, je ne voulais surtout pas le mettre mal à l'aise. On dirait que quoi que je fasse, la route va être longue et difficile mais sache dès maintenant que je n'abandonne jamais. Bill Kaulitz ton cauchemar s'arrête ici... Je promets de mettre fin à cet enfer que tu vis.




Partie 2 :


*
*

.......Retour en cours... Putain à peine quelques heures et j'en ai déjà marre. Maman si tu savais à quel point c'est dur de me retenir. D'ordinaire j'aurais déjà collé mon poing dans la gueule d'à peu près la moitié des gens de cette classe. Aujourd'hui chez les jeunes la tolérance n'existe plus, laissant la place au mépris et à l'exclusion. De nos jours soit tu te fonds dans la masse soit tu es rejeté...C'est ça la vie? Demandez à Bill ce qu'il en pense ! La trouve-t'il belle? Bien sur que non...
.......A peine avions nous mis un pied dans cette salle qu'il est de nouveau redevenu le souffre douleur d'ados en manque de sensations. Depuis bientot une demi heure les insultes fusent de partout et je vous pris de me croire quand je vous dis que ça ne vole vraiment pas haut !


Moi : et après on dit que c'est Bill qui est retardé !

.......Je soupire fortement sans m'en rendre compte et tout à coup je sens tout les regards posés sur moi. Je lève la tête et scrute la salle du regard. En effet tout le monde me regarde avec les yeux ronds comme des billes. Aurais-je dit cette phrase à haute voix?

Hötlz : quelque chose à dire Mademoiselle Murdën ?

.......Apparemment on dirait que mes mots ont encore une fois dépassés le stade de ma pensée. Et oui si je pouvais je te dirais de te bouger le cul. C'est toi le prof non? Comment peut-on fermer les yeux alors qu'un élève est devenu le martyr d'une classe entière? Je le regarde droit dans les yeux, la rage commence sérieusement à me faire bouillonner de l'intérieur... mais je ne peux pas. Putain Ilse ne te fais pas remarquer je t'en pris... Pas dès le premier jour.
.......Mon regard se pose alors sur mon voisin de devant qui semble à des années lumières d'ici puisqu'il continue de dessiner tranquillement comme si de rien était... Les ignorer, finalement c'est le meilleur moyen de gagner contre eux. Jamais je n'ai vu Bill se rebeller. Il se contente d'encaisser... les coups comme les insultes. Tout cela sans rien dire et sans jamais se plaindre. Je reste à le regarder quelques instants et son calme naturel m'apaise. Je relève donc la tête vers le prof et lui répond :


Moi : non...non rien à dire
Hötlz : je peux donc reprendre mon cours?
Moi : vous êtes payé pour ça il m'semble


.......Non sérieusement faut que j'apprenne à fermer ma gueule parfois. Réfléchir avant de parler va devenir ma nouvelle devise je le sens. Tout les élèves me regardent, à l'exception de Bill bien sur, et je peux distinguer une drole de lueur dans leur regard... du respect ? On dirait bien qu'il suffit de tenir tête à un prof pour devenir populaire dans ce lycée. En gros plus tu joues la racaille, plus tu te feras d'amis ! C'est pathétique... à tel point que ça me fou la gerbe. Il me regarde tous comme si je venais d'accomplir un acte héroïque. Rebelles-toi et les gens t'aimeront !
.......Je leur lance un regard noir et chacun se tourne sur sa chaise pour se remettre bien droit face au tableau. Le prof me fixe toujours, attendant surement une excuse ou tout autre marque de regrets de ma part... Tu peux l'attendre, Ilse Murdën ne s'excuse jamais. Surtout pas pour un homme qui craint tellement ses élèves qu'il n'ose pas défendre le souffre douleur de sa classe. Je croise mes bras sur ma table et y cache ma tête ce qui signifie pour moi : fin de la discussion.


-----------------------------

.......Cette sonnerie est une véritable torture ! J'ouvre doucement les yeux pour me réhabituer à la lumière et me prépare à aller manger. Je me lève alors que tout le monde est encore assis et regarde sans vraiment le vouloir la table devant moi... Autrement dit celle de Bill. De cette hauteur je peux enfin avoir une vue d'ensemble sur son dessin... Il n'est pas encore fini et pourtant il dégage déjà quelque chose de très fort. Bill y a représenté un homme, enfin plutôt un petit garçon. 11/12 ans je dirais et ce qui me frappe le plus c'est qu'il a les mêmes traits fins que Bill. Réalise-t'il son autoportrait ? Je ne pense pas puisque le petit garçon en question porte ce qui ressemblerait à des dreadlooks. Bill en aurait-il porté étant petit? Vu son look actuel j'ai envie de dire que c'est peu probable. Pourtant l'ange qui est représenté sur cette simple feuille en papier lui ressemble affreusement. Son petit frère alors?
.......Je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus longtemps que Bill range furieusement sa feuille dans son sac avant de se tourner vers moi. Si un regard pouvait tuer, je ne serais plus de ce monde à l'heure qu'il est. Son regard est rempli de différents sentiments : de la déception, du dégout, de la haine mais surtout... une profonde tristesse. Il ne laisse pas longtemps son regard dans le mien, comme si quelque chose le brulait de l'intérieur. Il attrape son sac avant de se ruer sur la porte et de quitter la salle sous les rires moqueurs des autres.


Moi : pardon

.......C'est tout ce que je suis capable de mumurer. Je n'aurais pas du regarder son dessin, c'est vrai après tout c'est personnel. En même temps je ne pensais pas que ça le toucherait à ce point. Ce garçon a un problème et je n'abandonnerai pas avant d'avoir trouvé ce que c'est. Je range ma trousse dans mon sac, bah oui je l'avais sortie quand même, histoire de faire un minimum sérieux, et je quitte à mon tour la salle.
Si j'ai bien compris c'est la pause de midi. Je vais vers mon casier pour poser mon sac et aperçois Bill pas très loin de moi.
.......Il parle... encore et toujours. Sauf que cette fois-ci ce ne sont pas des murmures mais bel et bien des phrases audibles. Je me maudis à ce moment d'être aussi curieuse mais je ne peux m'empêcher d'écouter sa voix qui soit dit en passant est d'une douceur extrème.


Bill : désolé Tomi je...j'ai pas été fort... je suis désolé. Je suis trop nul... Tu sais ils sont tellement méchants avec moi... Elle aussi Tomi... elle fait semblant de m'aider... mais elle aussi elle va se moquer de Bill... elle va taper sur le méchant Bill... stupide Bill !

.......Son poing vient violemment percuter le casier en fer faisant se propager le bruit de l'impact dans tout le couloir. Les autres s'arrêtent un instant, se demandant surement ce qu'il se passe et finalement reprennent leur route en se rendant compte qu'il s'agit de Bill. Cette scène n'est donc pas anodine? Bill se dispute alors souvent avec son... ami imaginaire. Ça fait vraiment bizarre à dire pour un garçon qui est sensé avoir 17ans.
.......Une fois sa colère passée, sa voix redevient douce et mélodieuse. Je pourrais rester là à l'écouter des heures et je me dis que finalement c'est aussi bien que Bill n'adresse la parole à personne. Puisque de toute manière j'estime que personne ne mérite d'entendre ce son si pure qui s'échappe en ce moment même de ses lèvres.
.......Les autres se moqueraient-ils toujours de lui s'ils connaissaient les causes de ce... comportement? Je suppose que oui, le fait que quelqu'un se parle seul ne fait pas parti de leurs critères d'appartenance à l'espèce "ado" .
.......Je fourre mon sac dans mon casier tout en écoutant Bill qui ne cesse de s'excuser à "son Tomi". Qui est ce Tom? Aucune idée mais j'aimerais beaucoup le savoir. Je demanderais bien à Katya mais je doute qu'elle en connaisse la réponse et je ne veux pas lui donner un argument supplémentaire contre Bill. Je crois qu'il ne faudra jamais prononcer ce prénom en présence de Bill. Peut-être que Tom est cet ami imaginaire... peut-être que c'est lui qu'il dessine avec tant d'attention sur une vulgaire feuille de papier.
.......J'essaie de m'en convaincre mais mon instinct me dit que toute cette histoire est bien plus profonde que ça.
Je ferme mon casier et remarque que Bill a disparu. Je le cherche des yeux mais malheureusement c'est Katya que je vois s'approcher de moi.


Katya : bah alors qu'est c'qui te prends?
Moi : tu développes s'te plait parc'que j'suis pas médium
Katya : pourquoi tu prends la défense de ce gogole,
dit-elle en pointant Bill du doigt
Moi : et vous pourquoi vous vous en prenez à lui? Il ne vous a strictement rien fait
Katya : mais regarde-le, il s'en fou, il réagit même pas quand on lui parle
Moi : c'est une raison pour l'humilier à longueur de journée?
Katya : oh ça va c'est pour se marrer
Moi : j'suis pas certaine que ça le fasse beaucoup rire lui,
dis-je amèrement


.......Puis je l'abandonne là... Au milieu du couloir, la bouche ouverte en pleine imitation de la carpe. Je vois Bill au loin qui essaie d'avancer mais c'est sans compter sur les élèves qui s'amusent à le bousculer, parfois de manière assez violente. Le pauvre brun est envoyé de droite à gauche comme une vulgaire ballon. Il ne dis rien et se contente tant bien que mal d'avancer, tenant encore et toujours son livre à la couverture de cuir noir bien serré contre son torse. Je ne sais pas de quoi il s'agit mais il a l'air de vraiment y tenir. J'allais pour l'aider quand la voix de Katya s'élève :

Katya : tu sais va falloir choisir soit c'est nous soit c'est le débile. Si tu choisis Bill t'auras de gros ennuis et tu seras seule
Moi : j'ai peur de personne c'est clair? Et quand je vous vois tous... j'me dis que j'perds vraiment rien en choisissant Bill. J'me demande qui de vous ou de lui est vraiment débile.


.......Et je la plante là, courant vers Bill qui vient d'être violemment projeté au sol. Je m'accroupis pour l'aider à se relever mais c'est sans compter sur cette bande de mecs qui regardait de loin le spectacle affligeant que Bill leur offrait.

Mec : on vient sauver sa princesse?
Moi : ça te pose un problème?
Mec : moi c'est Georg
Moi : contente pour toi
Georg : tu ferais mieux de le laisser par terre, il a l'habitude
Moi : j'pense pas qu'on puisse s'habituer à ce genre de choses
Georg : lâche-le
Moi : rêve
Georg : normalement je frappe pas les filles mais là tu me laisses pas le choix mon coeur


.......Je me retiens de rire devant l'air pitoyable de ce mec. Il se prends pour une petite frappe, si seulement il savait qu'il n'arrive même pas à la cheville de Bill. Une fille? Si t'as cru que je n'étais que ça, tu ne vas pas être déçu du voyage. Je me redresse après avoir adressé un clin d'oeil rassurant à Bill et me place face à ce mec qui ne m'impressionne pas le moins du monde malgré sa taille et sa carrure. Je vais t'apprendre à frapper une fille moi.
.......Il me sourit, apparemment très sure de lui et lève son bras. Je bloque son poing avant qu'il ne vienne cogner ma joue et de mon autre main je colle le mien pile poil sur son estomac. Le baraqué se plie en deux mais ne s'avoue pas vaincu pour autant... Fierté quand tu nous tiens !
Il se redresse avec un peu de mal et s'apprête à me coller contre les casier lorsque mon genoux percute son entre-jambe. Il tombe aussitôt au sol, le frappant rageusement de ses poings. T'as de la chance encore, j'y ai été doucement pour une fois !
.......Je m'accroupis pour tomber pile poil face à face avec lui et vient pratiquement coller mon visage au sien. Ça n'a pas l'air comme ça mais c'est super intimidant, essayez vous verrez ! Je souffle sur ses lèvres avant de lui murmurer :


Moi : approche-toi encore une fois de Bill et j'te jure que tu ne toucheras plus jamais une fille de ta vie, dis-je en compressant entre mes doigts ce qui lui sert à être un homme, c'est clair?

.......Il ne répond pas et son mutisme commence vraiment à me foutre sur les nerfs. Encore en plus, je viens juste de me rendre compte de ce que je venais de faire. Je vais me faire tuer, peut-être même virer mais ce mec l'avait mérité. Je serre un peu plus fort sa virilité entre mes doigts et lui redemande :

Moi : c'est clair?
Georg : ouiii bordel lache ça putain


.......Et oui, ça fait son gros dur mais un mec ça se mène par le bout de la queue ! Je me relève et constate que Bill a fuit depuis un bon moment déjà. C'est une habitude chez lui ou quoi? Je m'attends pas à ce qu'il me saute dessus pour me remercier mais quand même. Est-il conscient que je risque ma place au bahut pour lui? Surement pas... Bill a l'air tellement loin de tout ça. Je soupire avant de traverser les couloirs et d'entrer dans le réfectoire. Il n'y a pas grand monde et je repère déjà Bill, assis seul à une table. En faite pour être sincère même les tables tout autour de lui sont désertes, comme s'il n'était qu'un pestiféré qu'il ne fallait sous aucun prétexte approcher. Je passe mon badge et saisie un plateau que je remplie généreusement. Beaucoup de gens me regardent et chuchotent sur mon passage mais ça m'est complètement égal puisque je sais que personne n'osera venir m'affronter. Je ne connaitrais jamais la situation que vit Bill tout les jours. Tout ce qu'il subit... Je ne peux même pas l'imaginer... Mais je peux y mettre un terme !
.......J'approche timidement de sa table. J'avoue que là il doit me trouver incroyablement collante mais je crois que je n'ai pas d'autres solutions pour lui prouver ma sincérité. Son livre est posé à côté de son plateau et il le caresse du bout des doigts tout en mangeant. Sentant une présence il relève doucement la tête vers moi. Je me noie à nouveau dans cet océan chocolat que sont ses yeux. Il doit très certainement passer un temps fou à se maquiller. Mais le fait est que ça vaut vraiment le coup. C'est incroyable, malgré les insultes et les réflexions incessantes, ce mec fait tout pour cultiver son look. Il assume totalement qui il est, voilà pourquoi j'ai un immense respect pour lui. Bref Ilse c'est pas trop le moment là. Bill me dévisage, se demandant surement ce qu'on va bien pouvoir lui faire subir encore. Je lui souris avant de lui demander :


Moi : je peux m'asseoir ?

.......Il fronce les sourcils, cherchant surement une quelconque moquerie, se demandant surement si je ne plaisante pas, mais non Bill je ne me moque pas de toi. Il se contente d'hocher la tête avant de la rebaisser et de se remettre à manger. Je regarde et analyse chacun de ses gestes. D'ailleurs je viens juste de remarquer que ses ongles sont vraiment longs et vernis de noir. Je m'assois face à lui et commence moi aussi mon repas. Je n'engage pas la conversation, ça serait totalement inutile. S'il veut parler, il débutera.
.......Si je suis assise ici maintenant c'est surtout pour éviter que quelqu'un ne vienne importuner Bill. Maintenant qu'on le voit avec moi je pense... en tout cas j'espère... que son cauchemar est terminé. Je ne veux pas me vanter de quoi que ce soit, pour moi ce que je fais est normal. Personne ne mérite d'être traité comme un animal et je...


Bill : merci

.......Je manque de m'étouffer avec ma fourchette. Il m'a parlé là? Est-ce que par le plus grand des hasards le mot qui vient d'être prononcé m'est adressé ? Je relève brusquement la tête et le regarde espérant tombé dans son regard mais non... il garde définitivement la tête baissée.

Moi : j'ai..je.. c'est à moi que tu parlais ?
Bill : j'ai juste dis... merci,
répète-t'il faiblement
Moi : pour?
Bill : pour Georg et pour... le reste


.......Que suis-je censée répondre à ça? Mais de rien Bill, ça me fais plaisir ! Il n'a pas à me remercier, tout simplement parce qu'il ne devrait pas avoir à subir tout ça.

-----------------------------

.......Un mois... Un putain de mois est passé. J'ai envie de dire "seulement" parce qu'il en reste encore pas mal comme ça. Au lycée les gens me respectent et me craignent. Ils ont bien vite compris qu'ils ne devaient pas s'approcher de Bill et donc ça fait maintenant un mois que le brun peut enfin vivre tranquillement. Nous ne restons que très rarement ensemble. Bill n'a pas changé, il continue toujours de parler à Tom et ne m'adresse jamais la parole, du coup je ne veux pas l'ennuyer en le collant à longueur de journée. Je me contente de veiller sur lui de loin. Il passe ses journées à dessiner... toujours le même visage... toujours ce même petit garçon et je n'ai pas cherché à en savoir plus. Je passe mes journées à regarder cette petite touffe brune devant moi et à admirer, le plus discrètement possible, ses dessins.

.......Bill se retourne vers moi et me souris... Je secoue la tête et cligne des yeux... Bill sourit? Ilse ma pauvre tu deviens folle c'est pas possible, ça doit être le manque de sommeil. Il attrape la feuille de papier posée sur sa table avant de me la tendre. J'écarquille les yeux sans le vouloir tout comme ma bouche s'ouvre dans une exclamation muette : c'est moi. Bill a fait un portrait de moi et je vous jure de n'avoir jamais rien vu d'aussi beau de ma vie. Chaque trait est dessiné à la perfection et tout les moindres détails sont présents. Je dois dire que... mais bordel qui c'est qui me secoue? J'entends mon prénom se répéter en écho jusqu'à ce que :

Hötlz : mon cours est si ennuyeux que ça pour que Mademoiselle Murdën se permette de dormir?

.......Dîtes-moi pas que c'était un rêve? Je passe ma main sur ma joue endolorie et remarque qu'une fois de plus toute la classe me fixe. Bordel j'crois bien que je me suis endormie. Oula et vu le regard méchant du vieux Hötlz ça ne lui plait pas du tout. Je me redresse pour m'asseoir correctement sur ma chaise, espérant de ce fait qu'on m'oublie mais on dirait que non.

Hötlz : rappelez moi pourquoi vous êtes ici
Moi : je dirais: parce que j'me suis faite virer de mon ancien lycée et que cette école est la seule qui a bien voulu de moi
Hötlz : jouez pas à ça mademoiselle,
me dit-il avec un air qui se veut menaçant
Moi : je ne joue pas Monsieur
Hötlz : si ça ne vous intéresse pas vous pouvez toujours sortir


.......Ça mon vieux t'auras pas à me le dire deux fois. J'attrape mon sac, oui j'avais même pas pris la peine de sortir mes affaires, et je me dirige vers la porte sous le regard ahuri de mes camarades. Je leur souris, assez fière de moi je dois dire. J'ai toujours eu horreur de l'air supérieur que prennent les profs. Ils pensent toujours tout savoir jusqu'au jour où l'élève dépasse le professeur.Professeur qui d'ailleurs ne s'attendait pas à ce que je quitte vraiment son cours. Avant de refermer la porte je lance un joyeux "bon courage" à mes camarades de classe.
.......Finalement pas si mal cette journée écourtée. Je me dirige vers mon casier pour y récupérer mes livres. J'ai décidé de rentrer chez moi... Hötlz ne m'acceptera surement pas en cours cette après-midi alors pourquoi perdre mon temps ici? Bill? J'ai du oublier de vous dire qu'il est absent. Depuis 4jours déjà, je ne m'inquiète pas... Après tout, n'importe qui peut tomber malade. Je referme la porte de mon casier et remarque que la bande à Georg a encore décidée de se la jouer rebelle. Il tente de forcer un casier... Ridicule, y'a vraiment des gens qui ne savent pas quoi foutre de leur vie. J'allais partir quand :


Mec : et si jamais il arrive?
Georg : ça fait 4jours qu'on l'a pas vu cette tapette



.......Comme il n'y a pas 3000 "tapettes" dans ce lycée je pense que ces adorables petits cons parlent de Bill. Et donc par conséquent c'est son casier qu'ils sont entrain de forcer... D'ailleurs ils ont réussis et mes yeux s'arrondissent quand je vois ce qu'ils en extrait : son livre. Le livre qu'il garde blotti contre son torse toute la journée. Pourquoi l'a t'il laissé dans son casier? Putain Ilse c'est pas le moment de se poser des question !
J'avance vers les garçons qui sursautent en entendant ma voix :


Moi : bah alors Georg on s'ennuie aujourd'hui ?
Georg : casses-toi de là
Moi : tu pourrais être poli avec les filles quand même... allez file moi ce livre
Georg : j'crois que t'as pas compris... Dégage !
Moi : non Georg c'est toi qui a pas compris. Je ne plaisante pas alors file moi ce putain de bouquin


.......Je le regarde droit dans les yeux pour lui montrer que s'il ne le fait pas je suis prête à utiliser la force. Je sais c'est nul mais je sais aussi à quel point Bill tient à ce livre et je ne laisserais personne y toucher. Georg se racle bruyamment la gorge avant de continuer :

Georg : vas-y file lui... ça vaut rien de toute façon

.......Je récupère le livre et le range dans mon sac avant de quitter l'enceinte du lycée. J'emprunte la route en direction de chez moi mais me stoppe au dernier carrefour. Si je me souviens bien... Bill habite pas loin de chez moi et lorsque je continue tout droit pour rentrer chez moi, lui tourne à gauche. Je n'ai pas forcément envi de m'immiscer dans sa vie mais j'aimerais quand même savoir comment il va. Et par la même occasion lui rendre son livre. Je décide donc de prendre à gauche et m'arrête devant chaque boite aux lettres avant de m'arrêter devant la seule et unique : Kaulitz.
.......J'hésite un instant et passe finalement le petit portillon pour traverser le jardin jusqu'à la porte d'entrée. Je sonne et attends quelques minutes pour voir une femme blonde m'ouvrir.


Femme : oui?
Moi : euh.. bonjour... je suis une amie de Bill... enfin une camarade de classe et je...j'voulais juste savoir comment il allait


.......La femme parait vraiment surprise par ce que je viens de lui dire. Bill n'a t'il aucuns amis? Elle m'invite a entrer et me propose de l'attendre au salon. Elle revient et me tend un verre que j'accepte en souriant. Un silence s'installe pendant lequel elle me décrit de bas en haut. j'ai tout à coup l'impression d'être passée au rayons X. Se rendant compte de ma gêne elle s'excuse et arrête de m'observer en m'expliquant :

Femme : c'est juste que Bill n'a jamais vraiment eu d'amis alors je suis un peu surprise voilà tout. Je m'appelle Simone et je suis la mère de Bill
Moi : moi c'est Ilse... et je suis la voisine de la table de derrière,
dis-je en riant
Simone : alors c'est toi la fameuse Ilse


.......Je sens tout à coup me joues chauffer. Bill aurait parlé de moi à sa mère? Je sais pas si je dois être flattée ou au contraire totalement flippée.

Simone : ne t'inquiètes pas il n'a rien dit de méchant... justement je voulais vraiment te rencontrer
Moi : ah ?
Simone : tu as du remarquer que Bill avait quelques... problèmes dirons-nous
Moi : oui
Simone : il a toujours été mis à l'écart... soit parce qu'il faisait peur aux autres enfants ou parce que les gens ne comprenaient pas... Je suis consciente de l'enfer qu'il devait vivre au lycée mais je l'obligeais quand même à y aller parce que c'est pour son bien. Il ne pouvait rester éternellement à la maison


.......Dieu que je me sens mal à l'aise. J'ai droit aux confessions exclusives et en direct live de la mère de Bill. Mais en fin de compte peut-être que cela va me permettre d'en apprendre un peu plus sur lui.

Moi : je suis désolée de vous demander ça mais est c'que Bill est... retardé? dis-je gênée
Simone : non, me répond-elle en souriant, il est comme n'importe quel ado de son age.. Il est même beaucoup plus intelligent que certains
Moi : vu le niveau intellectuel du lycée, c'est pas dur de toute façon
Simone : justement à ce sujet... Je..je voulais te remercier... pour tout ce que tu fais pour Bill
Moi : il vous en a parlé ?
Simone : pas vraiment... disons qu'il le disait à quelqu'un et j'ai attendu
Moi : à Tomi,
dis-je innocemment


.......D'un coup le teint de Simone est devenu extrêmement pale... Je réfléchis à ce que j'ai pu dire de mal et regarde avec peine les yeux de cette mère se brouiller de larmes.

Moi : pardon..je..j'suis désolée
Simone : tu ne sais donc pas qui est Tom
Moi : l'ami imaginaire de Bill
Simone : malheureusement non,
me dit-elle en souriant tristement
Moi : vous savez vous n'êtes pas obligée de...
Simone : c'est son frère


.......Bill a un frère? Je suis larguée... J'ai l'impression de comprendre mais tout cela est tellement flou que je m'y perds. Je n'ai jamais vu le frère de Bill, ni même entendu parler de son existence au lycée.

Simone : Bill et Tom sont jumeaux
Moi : je ne savais pas et... où est Tom
Simone : Tom est décédé... il y a 4ans de ça





Partie 3 :


*
*

.......Je reste stupéfaite devant cette révélation. Je n'ose pas dire un mot et regarde impuissante la détresse de cette femme... Un fils mort et le deuxième qui s'est complètement renfermé sur lui-même. Je n'ose imaginer l'enfer que vit cette femme depuis la disparition de Tom. Tout s'explique maintenant : de l'ami imaginaire aux dessins, de l'exclusion à la souffrance...

Moi : je..je suis désolée je ne savais pas
Simone : leucémie foudroyante... à peine nous avions eut le diagnostique qu'il était déjà trop tard,
m'explique-t'elle en reniflant, deux semaines plus tard mon petit Tom nous avait quitté...
Moi : et Bill?
Simone : les garçons étaient constamment collés l'un à l'autre, rien ni personne ne pouvait les séparer... Si tu croisais un des jumeaux, tu pouvais être sure que l'autre n'était pas loin,
se remémore-t'elle en souriant, Bill n'a jamais réussi à surmonter sa peine. Depuis le départ de Tom il est devenu renfermé... Il ne parle plus, sauf à Tom évidemment. Les médecins disent qu'il a complètement occulter le décès de son frère, il n'a jamais pu l'accepter alors il continue à le faire vivre... Il lui parle..comme si Tom était toujours là.


.......Je ne peux qu'écouter le discours de cette femme qui n'a jusqu'alors jamais pu extérioriser sa douleur. Pouvoir me raconter son histoire a du la soulager d'un poids énorme puisqu'enfin elle n'est plus seule. Je lui souris afin de lui montrer que je lui apporterais tout le soutien dont elle aura besoin. Je comprends à quel point Simone est démunie face à la souffrance de son fils. Elle ne sait plus comment l'aider et se demande même si elle en est encore capable. Bill se rend t-il compte de la peine qu'il fait à sa mère? J'imagine que le quotidien à la maison ne doit pas être bien différent de celui du lycée.
.......Elle a déjà perdu un fils et la seule personne qui lui reste s'enfonce jour après jour dans un mutisme ou même on peut le dire... dans un autre monde qu'il s'est lui-même inventé. Je continue d'écouter Simone qui me raconte que le père des jumeaux a quitté la maison quelques mois après le décès de Tom. Apparemment il n'était pas assez fort pour surmonter tout ça et voir son fils dans cet état l'a abattu... Je ne juge pas son comportement, seulement... S'est-il dit une seule seconde que cette femme se retrouverait seule pour vivre dans cet enfer?
.......Elle me raconte quelques anecdotes sur ses jumeaux et je n'ai pas le c½ur à l'arrêter quand je vois un fin sourire se dessiner sur ses lèvres à l'évocation de ses souvenirs. 4ans... 4 ans que cette femme vie un cauchemar sans pouvoir se confier à qui que ce soit. 4ans qu'elle n'a pu parler à personne de toutes ces épreuves qu'elle a du traverser et surmonter seule. 4ans qu'elle ne vit qu'à travers son fils qui lui se renferme chaque jour un peu plus dans son silence.
.......J'apprends qu'un an avant sa mort Tom avait décidé de se faire des dreads, je n'ai donc plus de doutes sur le faite que Bill dessine son frère à longueur de journées...


Simone : ...et le jour où ils sont tout les deux revenu du perceur, doux Jésus j'ai bien cru que mon pauvre petit coeur allait s'arrêter de battre, dit-elle en riant, Tom s'est fait poser un anneau sur la lèvre et Bill avait tellement peur de passer pour un peureux devant son frère qu'il s'en est fait poser un à l'arcade

.......Elle continue d'évoquer tout ces souvenirs, me parlant en faisant toutes sortes de grands gestes avec ses bras ce qui me fait sourire. Je suis contente d'avoir pu apporter un peu de bonheur à cette femme qui ne mérite que ça. Elle rit et sourit à chaque fin de phrase puis au bout d'une bonne demi-heure elle s'arrête, essuie quelques larmes persistantes d'un revers de manche et me dit toute gênée :

Simone : je suis désolée... je dois t'embêter avec toute mes histoires
Moi : je vous assure que non,
dis-je en souriant, j'aimerais beaucoup apprendre à connaitre Bill et ce que vous m'avez raconter est une partie de son passé, ça m'aide à mieux le comprendre et je vous remercie de me faire confiance... ou du moins assez confiance pour m'avoir racontée tout ça
Simone : merci à toi de m'avoir écoutée... ça fait tellement longtemps que je n'ai parlé à quelqu'un de tout ça... Tu dois surement rentrer chez toi maintenant?
Moi : en faite j'étais venue rendre ça à Bill,
expliquais-je en sortant le livre de mon sac, je sais que Bill tient beaucoup à ce livre et j'me suis dis qu'il aimerait surement l'avoir


.......Elle me sourit comme si je venais de dire la plus grosse connerie du monde. Je caresse du bout des doigts la couverture en cuir comme plus tôt dans l'après-midi. J'avoue avoir eu une envie folle de l'ouvrir, juste pour savoir pourquoi Bill y tient tant. Juste pour percer un peu plus son univers mais ce livre ne m'appartient pas et je n'ai aucun droit de le lire.

Simone : Bill est dans sa chambre, deuxième porte à gauche quand tu arrives en haut des escaliers
Moi : mais je n'veux pas le déranger, donnez-lui pour moi,
dis-je en lui tendant le livre
Simone : ça lui fera très plaisir de te voir, conclue-t'elle en repoussant l'ouvrage


.......Plaisir? Bill sera content de me voir? J'en doute fortement. Je lance un regard inquiet vers Simone qui me sourit gentiment avant de quitter le salon. En gros je n'ai pas trop le choix... Je respire fortement avant de monter les escaliers, j'avance dans le couloir sombre et me stoppe devant ce qui devrait être la chambre de Bill. Je reste bien plantée plusieurs minutes sans rien faire. Frapper? L'appeler? Ou simplement rentrer? J'en sais rien moi ! Je n'ai jamais eu à faire ça auparavant !
.......Je décide donc de frapper en lui indiquant que c'est moi. Personne ne me répond... Comme je m'y attendais. Je pose ma main sur la poignée et la tourne le plus lentement possible pour retarder le moment du face à face. Je pousse légèrement la porte et passe ma tête à travers l'entrebâillement. Bill est assit sur le rebord de sa fenêtre ouverte et regarde dehors. Il sait que je suis là mais ne daigne pas m'adresser une seul regard. Ça lui fera plaisir de te voir ! C'est évident, il a l'air fou de joie !
.......Je me permet d'entrer et referme la porte derrière moi. J'avance jusqu'au lit et m'y assois tranquillement. Je ne quitte pas une seule seconde le brun des yeux. Je sais que ça le gêne mais là à cet instant précis je m'en fou. J'aimerais lui rendre la raison, le serrer dans mes bras pour le réconforter mais je sais qu'il rejettera tout gestes venant de moi. Je reste donc assise à détailler ce visage si parfait.
.......J'aimerais toucher sa peau pour en découvrir sa douceur, coller mon nez dans son cou pour y respirer son odeur. Mais ce que j'aimerais plus que tout c'est le sortir de cette torture qu'il s'inflige à lui-même.


Moi : Bill... je sais que tu ne me répondras pas mais je sais aussi que tu m'écoutes. J'veux juste que tu saches que je ne suis pas là pour te faire du mal... Je...je n'me moque pas de toi. T'es pas revenu au lycée et je m'inquiétais alors j'ai décidé de passer voir comment tu allais, expliquais-je, ça a l'air d'aller mieux on dirait.

.......Putain j'ai vraiment l'impression de parler à un mur là. Je meuble le plus possible la conversation mais c'est pour cacher à quel point je suis mal à l'aise. D'habitude je ne suis pas si bavarde croyez-moi ! Bill ne m'a pas regardée une seule fois. Ses yeux semblent fixer un point précis perdu dans l'horizon. Je sais qu'il n'en a rien à foutre de moi, sa vie s'est probablement arrêtée il y a 4ans de ça... Pourtant est-ce qu'un enfant de 13ans peut subitement décider de se laisser mourir ? 4ans que Bill ne parle à personne d'autre que Tom, 4ans qu'il se refuse le droit d'être heureux. Peut-être que finalement tout ce que j'essaie de faire ne servira à rien.
.......Ilse tu n'es qu'une conne ! Jamais je ne m'attache et là il a fallut que je choisisse le pire... Je soupire bruyamment, tant pis si ça arrive jusqu'aux oreilles de Bill. Son comportement m'énerve. Je n'aime pas le gens qui se font souffrir. Et cette mère qui fait tout pour tenter de redonner le sourire à son fils qui a perdu toutes notions même de bonheur...


Moi : tient, dis-je en balançant le livre par terre près de lui, Georg a voulu t'le piquer dans ton casier et comme t'as l'air d'y tenir j'me suis dit que j'allais te l'apporter

.......Je me lève du lit, bien décidée à rentrer chez moi puisqu'apparemment c'est pas aujourd'hui qu'il aura envie de me parler. Je pose ma main sur la poignée et la tourne lentement comme si j'espérais tout de même le moindre petit geste de sa part. J'ouvre la porte et m'apprête à quitter la chambre lorsque sa faible voix se fait entendre :

Bill : tu l'as ouvert?
Moi : pardon?
Bill : tu l'as ouvert ?
, répète-t'il
Moi : non... non bien sur que non... c'est ton livre alors j'y touche pas


.......Je sursaute lorsque je le vois se retourner et descendre du rebord de la fenêtre. Je m'étais habituée à le voir si statique que son brusque mouvement m'a fait peur. Il se baisse et ramasse le bouquin tomber au sol avant de relever la tête vers moi. Il plante ses yeux dans les miens et je ne peux réprimer ce violent frisson qui parcoure ma colonne jusque dans ma nuque. Son regard est froid et tellement intense à la fois. Ses yeux noisettes sont parfaitement dessinés et cernés de noir. Le plus beau regard qu'il m'ai été donné de voir. Je ne peux plus échapper mon regard du sien qui m'a emprisonné. C'est la première fois que quelqu'un pose un tel regard sur moi.
.......Et c'est aussi la première fois que je vois Bill sourire. Un sourire que se définie plutôt par un vague étirement de ses lèvres mais je sais que venant de lui c'est un sourire. Il s'assoie sur son lit pendant que je reste toujours pétrifiée devant la porte, à analyser chacun de ses gestes. Son regard quitte le mien pour se tourner vers le livre qu'il tient entre ses mains. Ses ongles glisse sur le cuir, dessinant des arabesques pendant plusieurs minutes avant qu'il ne relève la tête vers moi et qu'il me tende le livre.
.......Je reste interdite plusieurs secondes avant de refermer la porte et m'avancer prudemment jusqu'au lit. Il me tend toujours le livre mais je prends mon temps... comme pour ne pas l'effrayer. Bill serait un peu comme un animal à qui il faudrait tout réapprendre. Je m'assoie face à lui et attrape délicatement l'ouvrage, non sans frôler ses doigts au passage.
.......D'ailleurs sa réaction est immédiatement et il retire furieusement ses mains qu'il vient poser sur ses cuisses. Je reste ainsi à le regarder sans savoir quoi faire. Bill passe son temps avec ce livre calé contre son torse et là, maintenant, tout de suite je l'ai entre les mains parce qu'il me l'a donné. Il me regarde avant de répondre à ma question muette :


Bill : ouvre-le

.......J'obéis et ouvre prudemment. Repoussant la couverture et les trois premières pages avant d'écarquiller les yeux... Ce n'est pas un livre ! C'est un album photo ! Je n'ose même plus tourner les pages... de peur de les abimer. Voilà pourquoi Bill tient tant à cette petite chose. Tout ses souvenirs se trouvent là-dedans... autant dire que toute sa vie se résume à ces bout de pages que je tiens entre mes doigts. Je relève la tête vers lui qui me fixe toujours... attendant surement une réaction.
.......Je pose le livre sur la couette pour pouvoir enlever mes chaussures et viens me poser en tailleur sur le lit. Je sais c'est osé mais si Bill m'a tendue cet album ce n'est pas pour que je reparte maintenant. Il baisse la tête, gêné. Je reprends le livre et le pose sur mes genoux, je fais attention de n'abimer aucunes pages et me contente d'admirer les photos. Bill et Tom... Tom et Bill, sur certaines se trouvent également leurs parents mais sur la grande majorité il n'y a que les jumeaux... de leur naissance jusqu'à leur 13ans.
.......Bill est nerveux, je le sens très bien remuer à côté de moi. Finalement il grimpe lui aussi sur le matelas et part s'asseoir, adossé à la tête de lit. Je sais qu'il me regarde, qu'il observe la moindre de mes réaction. Il attend que je fasse le premier pas. Je lève la tête du l'album pour la tourner vers lui, je décroise les jambes et m'approche très lentement de lui. Il se raidit et se décale un maximum vers l'extrémité du lit.
.......Ça me vexe évidemment mais je ne le montre pas. Il ne me fais pas confiance... pire : il a peur de moi. J'aimerais tellement gagner sa confiance mais j'ai compris depuis longtemps qu'il fallait la mériter. Je m'adosse à mon tour a la tête de lui, sans essayer de me rapprocher plus et lui tend l'album tout en montrant du doigt son frère.


Moi : c'est Tom?

.......Je sais très bien qu'il s'agit de Tom mais je veux que Bill me le dise. Il regarde la photo puis lève les yeux vers moi avant de hocher faiblement la tête. Je lui souris, espérant le rassurer un peu mais évidemment je ne compte pas avoir de réponse. Que Bill m'offre un vrai sourire sincère sera le plus beau cadeau que je pourrais recevoir... Je tourne quelques pages et tombe sur une photo de Tom seul.

Moi : c'est qui Bill ?

.......Je sais que ça doit vous paraitre incroyable et que je suis conne de lui parler comme s'il avait 6ans mais vous le verriez si fragile et si perdu je pense que vous changeriez d'avis ! Bill a besoin de ça, je sais qu'il me faudra beaucoup de patience pour lui redonner gout à la vie mais je suis prête à lui donner autant de temps qu'il le voudra.
.......Il me regarde droit dans les yeux, complètement anéanti. Je lui souris de nouveau pour l'encourager à me répondre. Ses yeux se détachent des miens pour retomber sur l'oreiller qu'il serre contre contre lui.


Bill : c'est mon frère... fermant les yeux... c'est mon jumeau

......." C'est " et pas "c'était " . Comme Simone me l'avait dit, Bill n'a jamais accepté le décès de son frère. Il s'est enfermé dans un monde où Tom est toujours à ses cotés. J'hésite un moment et décide finalement de tenter le tout pour le tout.

Moi : où est-il ?

.......Bill se raidit et serre l'oreiller contre lui à l'en faire éclater. Ses ongles s'enfonce à s'en faire blanchir les jointures. Il ferme les yeux et me répond d'une voix pratiquement inaudible :

Bill : il est parti...

.......Je le regarde, impuissante face à sa douleur. J'aimerais qu'il me fasse partager son désarroi. J'aimerais passer mes bras autour de lui et le serrer contre moi jusqu'à ce qu'il laisse enfin couler ses larmes... Car oui : Bill n'a jamais pleuré. Depuis la disparition de son frère, aucune larme n'a jamais passée la barrière de ses yeux tout simplement parce que pour Bill, Tom est toujours en vie.

Bill : ...mais il va revenir, ajoute-t'il
Moi : tu en es sur?
Bill : jamais je t'abandonnerai Bill, jamais...
dit-il en serrant son oreiller contre son torse, c'est lui qui l'a promis
Moi : ce n'était pas sa faute Bill


.......Il ouvre les yeux et les plongent directement dans les miens. Il me foudroie du regard, comme la fois où j'avais regardé son dessin en classe. Ce que je viens de lui dire ne lui a pas plu on dirait et je crois qu'il serait même prêt à me frapper à cet instant.

Bill : menteur...menteur...menteur...menteur...menteur

.......Il hurle maintenant et je ne peux m'empêcher de sourire. Il fait ressortir toute sa haine et sa rage...Ce qui veut dire que Bill est encore capable de ressentir quelque chose. D'avoir des émotions. Je trouve que c'est un bon début. Je sursaute tout de même lorsqu'il balance rageusement son oreiller à l'autre bout de la chambre, renversant par la même occasion la petite lampe qui se trouvait sur le bureau.
.......Il ramène ses genoux contre son torse et les entoure de ses bras avant d'y cacher son visage. Il a honte, honte de lui, de son comportement. Il en a marre, marre de cette douleur qui le détruit de l'intérieur et qui le tue chaque jour un peu plus.
.......Et moi j'ai mal, mal au coeur de le voir ainsi. J'ai l'impression d'étouffer lorsque je le vois comme ça... Ça me fais mal de savoir que je ne peux rien faire pour lui... du moins pour l'instant.
Je me lève, pensant qu'il ne m'accorderait plus aucune attention et remet mes chaussures prête à partir lorsque sa voix douce s'élève de nouveau :


Bill : pourquoi?
Moi : pourquoi quoi Bill?


.......Ses paroles ne sont que des murmures étouffés puisque sa tête est toujours enfouie dans ses bras.

Bill : pourquoi tu fais tout ça?
Moi : Bill regarde-moi, tentais-je, s'il te plait


.......A mon plus grand étonnement il relève la tête, laissant toujours ses genoux collés contre son torse et entourés de ses maigres bras. Il ne pleure pas, évidemment, aucune trace de larmes et je crois que ça me rassure un peu... Ce n'est vraiment pas le moment.

Moi : je n'ai rien fait de spécial tu sais
Bill : pourquoi tu n'es pas comme eux ?
Moi : parc'que j'en ai pas envi ! Je n'ai pas envie de me moquer de toi, ni de t'insulter à longueur de journées... tu ne mérites pas ça... t'as rien fais pour mériter ça Bill
Bill : pourquoi ils me font ça alors ?
, demande-t'il dans un souffle
Moi : j'en sais rien Bill mais tu peux être sure que je ne les laisserais plus jamais te toucher. Tout ça c'est finit j't'en fais la promesse
Bill : pourquoi tu me laisses pas tranquille ?
Moi : parc'que tu as besoin d'aide ,
répondis-je le plus honnêtement du monde




Partie 4 :


*
*

Moi : bon maman tu te rappelles ce que je t'ai dis?
Maman : je suis pas encore sénile ma chérie
Moi : mamaaaan s'te plait
Maman :
soupirant bon d'accord... alors humm... éviter de le fixer et ne surtout pas le toucher


.......Le diner de ce soir réunira deux nouvelles personnes : Bill et sa mère. Ce repas arrangé est surtout fait pour remonter le moral de la pauvre Simone qui n'a pas du être invitée depuis des années. Avec ma mère nous en avons beaucoup parlé et c'est elle-même qui a joyeusement proposé d'inviter les Kaulitz chez nous ce soir. A vrai dire j'angoisse un maximum. Comment Bill va réagir en entrant dans une maison qui n'est pas la sienne?
.......On aurait pu penser qu'après tout ce qu'il c'était passer nos liens se seraient comment dire... renforcés. Mais croyez-vous que Bill ferait le moindre effort pour casser sa carapace? Bien sur que non. Ma visite chez lui remonte déjà à plusieurs semaines et pourtant au lycée il continue à faire comme si je n'étais qu'une vulgaire inconnue à ses yeux. J'avoue que c'est vraiment vexant et je sais que je ne devrais pas penser ça mais je me dis qu'avec tout ce que j'ai fait pour lui et avec tout ce que je fais encore chaque jour il pourrait au moins me montrer un semblant de gratitude non?!
.......Je suis horrible, je le sais... Ce garçon a perdu la personne qu'il aimait le plus au monde... sa moitié. Je ne pourrais jamais imaginer la peine qu'il a ressentie et la douleur qui le torture encore aujourd'hui et pourtant qu'est ce que je veux? Qu'il me remercie, qu'il me considère comme son amie. Finalement peut-être que j'en demande trop.
.......Ce diner ne servira probablement à rien du coté de Bill mais SImone n'a t-elle pas le droit d'être un minimum heureuse? Après tout elle a perdu un des ses fils, la vie peut-elle nous infliger pire souffrance que celle de voir disparaitre ses enfants sous ses yeux sans rien ne pouvoir faire pour l'empêcher?


Maman : chérie tu vas leur ouvrir s'il te plait

.......Mes mains sont moites et le pire c'est que je n'en connais même pas la raison. A moins que Bill nous fasse une crise de démence durant la soirée je ne pense pas que nous risquions grand chose ! Je descends lentement les escaliers, retardant au maximum le moment où son visage sera en face du mien, le moment où ses yeux si perçants rencontreront les miens. J'avance jusqu'à la porte et respire un grand coup avant d'enclencher la poignée.
.......Je fais face à une Simone plus souriante que jamais. Mon coeur se gonfle de joie de la voir ainsi. C'était si simple au final de faire plaisir à cette pauvre femme. Je détaille quelques secondes sa tenue, je suis prête à parier qu'elle a longuement réfléchi et débattu avant de choisir ses vêtements.
.......Elle fait quelques pas avant de venir me serrer dans ses bras.


Simone : merci infiniment, me chuchote-t'elle au creux de l'oreille

.......Mes bras se referment sur son petit corps et mes mains caressent gentiment son dos comme pour lui dire "de rien". J'ouvre les yeux et aperçois par dessus l'épaule de Simone... son fils. Comme à son habitude sa tête est baissée, son visage complètement caché par dessous ses cheveux. Croyez-moi quand je vous dis que ce n'est pas la joie qui l'étouffe. Je ne m'attends pas à ce qu'il me prenne dans ses bras ou qu'il me remercie de quoi que ce soit.
.......Juste un effort, je lui demande juste de faire un effort. Un sourire, un geste ou un mot, juste ça... juste pour que sa mère puisse passer la meilleure soirée depuis la mort de Tom. Pourtant Bill n'a pas l'air décidé à y mettre du sien.
.......Parfois je me dis que son comportement est égoiste. Sa mère souffre autant que lui et pourtant elle passe son temps à s'occuper de lui sans jamais protester ou montrer sa faiblesse alors que Bill... Bill se laisse mourir.
.......Je me détache de Simone qui part à la rencontre de ma mère tandis que je m'approche du brun.
Simone l'a obligé à venir, j'en suis persuadée, pourtant je sais aussi qu'on pourrait passer une super soirée si Bill acceptait d'y mettre un peu du sien !


Moi : salut, dis-je maladroitement

.......Il relève la tête et son regard glacial croise le mien. Il m'en veut... J'en était sure, dois-je pour autant m'excuser?

Moi : écoute je sais que ça te plait pas d'être ici mais pense un peu à ta mère Bill. Pour une fois arrête d'être le centre du monde et pense à elle. Tu... plongeant mon regard dans le sien ...tu crois pas qu'elle mérite un peu de bonheur ?

.......Il ne me répond pas et me bouscule violemment pour entrer dans la maison. Je t'en pris fait comme chez toi ! Simone a l'air de plutôt bien s'entendre avec ma mère, je m'attendais à ce que le courant passe bien entre elles. Après tout ce sont deux maman célibataires, divorcées et pratiquement du même age. Nous nous installons au salon.
.......Ma mère sert un verre à Simone tandis que je tends une canette à Bill qui tourne aussitôt la tête, m'ignorant totalement. Il m'énerve ! Si vous saviez comme parfois j'ai envie de lui en mettre une pour le faire revenir sur terre !
.......Je soupire, déçue, et pose la canette sur la table basse avant d'ouvrir la mienne. Bill fait la gueule, Bill ne veut pas s'amuser... très bien c'est son choix mais je ne vois pas pourquoi ça devrait être le mien. Je discute avec nos mamans sans ne lui prêter aucunes attentions et j'imagine comme ça doit l'énerver. Au bout du compte il aime être le centre du monde et là pour une fois sa mère n'est pas là pour lui.
.......Sa mère s'intéresse à quelqu'un d'autre que lui et ses ongles s'enfonçant dans les paumes de ses mains m'indiquent à quel point il est furieux.
.......L'apéritif se passe donc tranquillement, Bill n'a pas touché à sa canette mais je suis prête à parier qu'il en a eu envie, seulement il ne veut pas perdre la face. La fierté : quelle merde ! Je lance des petits regards discrets dans sa direction et parfois je remarque que lui aussi me regarde. Je ne lui souris pas... pourquoi être gentille alors que je me fais à chaque fois remballer?
.......Bientôt 6mois que l'on se connait et Bill n'a jamais fait ne serait-ce qu'un seul pas en avant. Il est comme au premier jour. Si la méthode douce ne fonctionne pas je n'aurais aucun problème à utiliser la manière forte. Je t'ai fait la promesse de te sortir de cet enfer Bill Kaulitz et je la tiendrai !
.......Nous nous installons à table, moi à côté de ma mère et en face de Bill et Bill qui est à côté de sa mère qui elle continue de parler avec ma mère qui lui fait face. Je vous dis pas comme c'est trop la fiesta, j'ai la tête de Bill juste devant moi c'est à dire que je fais face à une touffe noire. Il picore dans son assiette, au moins il fait un effort pour manger ! Une fois son assiette terminée il se lève assez brusquement ce qui nous fait toutes sursauter.


Maman : euh... Bill tu veux quelque chose peut-être?
Bill : ...
Simone : Bill tu peux le dire allez, Simone est très gentille tu sais
Bill : toilettes
Maman : oh bien sur ! Ilse, tu lui montres où c'est s'il te plait
Moi : ouais, viens suis-moi


.......Froide? Je sais mais justement si je changeai tout le temps d'humeur le pauvre Bill serait perdu. Au moins là je lui fais comprendre que son comportement ne me plait pas du tout et qu'il pourrait avoir la politesse de bien se comporter. Je pars vers les escaliers et les monte sans même le regarder, je sais qu'il est sur mes talons. Je traverse le couloir et lui ouvre la porte de la salle de bain.

Moi : voilà c'est là, je redescends maintenant

.......Et je repars sans même lui laisser le temps de répondre. Je me doute que tout ça doit le déstabiliser. Ça fait 6mois que je me bats pour lui, que je le défend et que je suis gentille et d'un coup tout est bouleversé. J'espère seulement qu'il comprend la raison de ce changement.. Je le laisse ainsi comme un con devant la salle de bain et redescend, le coeur lourd.
.......S'il y a une chose que je ne veux pas c'est bien lui faire du mal... Pourtant j'ai l'impression de ne plus avoir le choix. 20minutes que Bill est là-haut et à part moi on dirait que personne n'a remarqué son absence prolongée.


Moi : euh... m'man je... j'monte ok?
Maman : oui oui allez-y on vous appellera pour le dessert


.......Je n'ai même pas le temps de me lever de table qu'elles avaient déjà repris leur discussion. Je souris un instant en les regardant. C'était si simple, pourquoi je n'y ai pas pensé avant? SImone sourit et pour une fois je suis certaine que c'est sincère. Quoi de plus beau que de pouvoir faire oublier à une mère la douleur d'avoir perdu son enfant. Quand je la regarde là, parlant haut et fort en faisant toutes sortes de gestes dans les airs je me dis que chacun devrait arrêter de s'apitoyer sur son sort. Que valent nos petits problèmes à côté de ça?
.......Je suis fière de moi, j'ose le dire. Fière d'avoir redonné le sourire à cette femme, fière de lui avoir fait oublier pour un moment, la vie qu'elle subie chaque jour sans jamais se plaindre. Je ne peux vous décrire la sensation que j'ai en moi, pleins de picotements dans la poitrine, un gonflement de joie. J'arrête de sourire comme une idiote et remonte les escaliers jusqu'à la salle de bain. Comme par hasard il n'y a personne.


Moi : Bill ?

.......Pauvre conne, tu crois vraiment qu'il va te répondre? Je tente de l'appeler à de nombreuses reprises mais mes tentatives restent vaines. J'y crois pas, il se serait quand même pas tiré. Le connaissant je dirais que non, Bill ne supporte pas d'être seul et sortir comme ça dans la rue en pleine nuit. Je pense que c'est au dessus de ses forces. Je me masse un instant les tempes pour me retenir d'exterminer Bill une fois que je l'aurai retrouvé et me mets à sa recherche.
.......Toute les pièces y sont passées. J'ai ouvert toutes les portes... sans succès. J'ai tout fouillé à part cette pièce, ma chambre. Je suis depuis quelques minutes déjà plantée devant la porte close espérant que par un miracle quelconque elle s'ouvre d'elle-même laissant apparaitre un Bill souriant et heureux. J'aurais peut-être du ne pas abuser du coca moi.
.......Je pose ma main sur la clanche et l'abaisse doucement de peur qu'elle soit elle-aussi vide ce qui voudrait vraiment dire que Bill s'est enfui de chez moi. La pièce est plongée dans le noir mais la lumière de la lune me permet de distinguer cette masse allongée sur mon lit. Je tends l'oreille et constate qu'il fredonne un air ou je peux même dire qu'il chantonne puisque des paroles se font entendre.
.......Sa voix est belle, cristalline, douce et fragile à la fois. Je pourrais rester là, m'asseoir contre cette porte et l'écouter chanter pendant des heures mais ça ne nous avancerais pas beaucoup. Je referme doucement la porte derrière moi et avance jusqu'à mon lit où je scouatte le rebord. Bill est allongé dos à moi. Il ne me vois pas et pourtant il sait très bien que je suis là puisqu'il a arrêté de chanter.
.......J'enlève mes chaussures et monte dessus pour m'adosser à la tête de lit. Je n'allume pas les lumières et je ne parle pas non plus. Je me contente d'écouter sa respiration calme et régulière avant qu'il ne pivote pour se retrouver couché sur le dos. Je ne distingue pas son visage pourtant je suis certaine de pouvoir en deviner les expressions.


Bill : pardon...

.......Je baisse la tête comme si d'un coup je pouvais voir son visage à travers l'obscurité. Je ne réponds pas bien évidemment, ça serait trop facile. Le laisser parler est la meilleure manière qui soit. Je tourne donc la tête et fixe un point droit devant moi. Avec la lueur de la lune Bill peut voir donc quelle direction je regarde et je ne veux pas qu'il croit que je suis son larbin.

Bill : c'est ta chambre non?
Moi : effectivement,
répondis-je sèchement
Bill : je... j'avais pas trop envie de redescendre


.......Et c'est une raison pour t'installer dans mon lit? Une question me brule les lèvres. Je sais que je vais lui faire du mal. Je sais que cette question est déplacée et que je devrais la garder pour moi pourtant j'ai envie de lui ouvrir les yeux. De lui montrer ce qu'il peut faire vivre à ses proches. Lui prouver qu'il est capable de faire du mal autour de lui. Je veux qu'il se rende compte que chacun de ses actes a des répercutions... notamment sur elle*.

Moi : pourquoi?

.......Je sens le matelas remuer signe qu'il bouge. Il se redresse et s'adosse comme moi à la tête de lui. Mais carrément à l'autre bout évidemment. L'approcher et le toucher est encore un rêve bien lointain ! Je sais qu'il ne comprends pas ma question alors je respire profondément avant de poursuivre.

Moi : pourquoi tu fais subir tout ça à ta mère? Pourquoi tu lui refuse le droit d'être heureuse. L'as-tu seulement regardé ce soir? Bill est c'que tu l'as vu sourire au moins?
Bill : elle aussi,
dit-il faiblement
Moi : elle aussi quoi?
Bill : elle aussi, elle va m'abandonner


.......Alors c'est ça... Il a suffit que sa mère pense à autre chose qu'à lui pendant quelques minutes pour que Bill se sente délaissé même pire : abandonné. Je ne peux faire autrement que de le regarder. Il fixe le mur droit devant lui mais je peux voir les larmes emplir peu à peu ses yeux.
.......Ma gorge est incroyablement serrée. J'aurais pas du, je m'en veux d'avoir posé cette question. Bill est malheureux, détruit et moi je l'enfonce encore un peu plus.


Moi : Bill je...désolée...j'aurais pas du mais tu crois pas que... tu crois pas qu'elle aussi elle a le droit de vivre? Bill la vie elle continue même sans... plus faiblement... même sans Tom. Ta mère s'est toujours occupée de toi, ce soir elle a juste décidé de profiter un peu... jamais elle ne t'abandonnera

.......Une larme passe la barrière de ses yeux pour couler le long de sa joue, traçant un sillon noir sur sa peau si blanche. On dirait une poupée, un ange tombé du ciel, ce mec est une création de dieu. Sa beauté ne pourra être égalée par quiconque j'en fais la promesse.
.......Je regarde cette larme couler sur son visage pour mourir au coin de ses lèvres. Une seule, une unique larme. Une simple goutte d'eau qui résonne comme une victoire parce que c'est la première fois qu'il baisse sa garde. La première fois qu'il expose sa faiblesse.


Moi : Bill on ne va pas t'enlever ta mère
Bill : pourquoi ?
Moi : Bill t'énerves pas
Bill : pourquoi il a fallut que ça nous arrive à nous ?
crie-t'il


.......Si seulement j'avais une réponse à te donner Bill... La vie n'est pas rose, la vie n'est pas belle alors... survis. Survis pour ceux que t'entourent, ceux qui sont encore là, ceux qui comptent sur toi.

Bill : je ne suis pas fou, murmure-t-il
Moi : je sais
Bill : Tom est là
Moi : Bill arrête, tu sais très bien que non...
Bill : il va revenir
Moi : non Tom... Tom est parti... il va falloir que tu l'acceptes. Il ne reviendra jamais Bill
Bill : menteuse !
s'énerve-t-il


.......J'aimerais être une menteuse, j'aimerais pouvoir faire revenir Tom juste pour te voir rire et sourire à nouveau. Découvrir ton visage sous un autre jour, découvrir le visage d'un Bill heureux et épanouie... Qu'est ce que je ne donnerais pas pour ça...
.......Soudain j'ai comme une illumination et je me maudis intérieurement de ne pas y avoir pensé avant. Tu ne me crois pas Bill... alors je vais te le prouver ! Je m'extirpe de mon lit sous le regard interrogateur de Bill qui ne comprend rien. J'enfile mes chaussures et écoute à la porte. On dirait que les bouteilles de vins s'enchainent en bas et c'est plutôt un bon point pour moi.
.......Je me retourne pour faire face au brun qui se demande surement ce qui me prend d'un seul coup. Je tends une main vers lui, je sais très bien qu'il ne la prendra pas et pourtant je sais qu'intérieurement ce geste l'attire.


Moi : dépêches-toi de remettre tes chaussures, prends ta veste et suis-moi
Bill : où?
Moi : te prouver que je n'suis pas une menteuse


.......Il s'exécute docilement comme je l'avais prévu. Il ne me fait pas confiance et pourtant sa curiosité prend le dessus sur sa crainte. De toute façon tout ce qui touchera de près ou de loin à Tom sera toujours plus important que la peur ou le danger.
Je lui fais signe de me suivre et on descend prudemment les escaliers. Nos mères discutent encore, sauf qu'elles se sont installées dans le salon, sur les canapés.
.......On dirait bien que le dessert à été oublié. Leurs conversations sont entrecoupées d'éclats de rire et je m'arrête en bas des marches pour laisser à Bill l'occasion de voir sa mère heureuse. Ses yeux sont écarquillés et je vois ses mains crispées à la rambarde. Ses ongles s'enfoncent dans le bois mais je ne saurais dire s'il est heureux ou jaloux.
.......A défaut d'attraper sa main, j'agrippe sa manche et le tire vers la sortie. Je referme la porte de l'entrée et inspire à fond l'air frais de la nuit avant de sortir mon paquet et de m'allumer une clope. Je laisse Bill se remettre doucement de ses émotions. Il fixe toujours nos mères à travers la fenêtre du salon. Première étape réussie j'ai envie de dire mais le plus difficile reste à faire. Nous restons là 10 peut-être 20minutes. Bill ne quitte pas sa mère des yeux et ses lèvres se mouvent dans un sourire maladroit lorsque le rire éclatant de sa mère se fait entendre.
.......Il commence peu à peu à réaliser ce qu'il se passe. Il comprend enfin que tout les gens autour de lui sont vivants. La vie continue même si Tom n'est plus là. Pour BIll tout est mort depuis 4ans mais le fait de voir sa mère aussi rayonnante qu'autrefois doit ranimer une flamme enfouie au plus profond de lui.
Je laisse ma fumée s'évaporer dans les airs tout en surveillant Bill qui a baissée la tête depuis quelques minutes déjà.


Bill : je m'en souvenais plus
Moi : ...
Bill : c'est horrible je.. j'me souvenais même plus du rire de ma mère
Moi : c'est pas ta faute
Bill : mais si !
crie t-il , bien sur que si, tout est de ma faute... comment j'ai pu... comment c'est possible? Ça fais tellement longtemps que je ne l'avais plus entendu. Je suis un monstre...


.......Non Bill, tu es juste malheureux et complètement perdu. Tellement perdu que tu ne voyais même plus les gens autour de toi. Tu n'avais plus de raison de vivre sans ta moitié mais maintenant tu vois... tu vois que ta mère est toujours là.

Bill : merci, chuchote-t-il

.......Je reste stupéfaite.. Ai-je vraiment bien entendu? Je m'en étouffe même avec ma clope tellement je suis surprise. Je tousse un bon moment avant d'enfin retrouver une respiration normale. Je lève la tête et plonge aussitôt mon regard dans le sien. Je cherche un sourire, un rire, une moquerie.. N'importe quoi qui me prouverait que je n'ai pas halluciné.

Bill : merci, répète-t-il, merci pour elle
Moi : c'est pas fini


.......Je jette mon mégot et le tire par la manche de sa veste pour le décoller de la fenêtre. Espérons juste que nos mères ne remarquent pas notre absence. Je le force à me suivre et il n'a d'autre choix que d'acquiescer. Je le traine pendant peut-être bien un kilomêtre avant d'arriver devant une grande grille en fer forgé. Un frisson d'horreur parcourt Bill, je le sens trembler à côté de moi. C'est vrai qu'avec ce clair de lune ça fait carrément film d'horreur mais maintenant qu'on y est on ne peut plus reculer.

Bill : ramènes-moi
Moi : désolée mais c'est hors de question
Bill : je ne plaisante pas
Moi : moi non plus, maintenant on entre...
prenant une voix plus douce, Bill tu n'as plus le choix

.......En effet nous nous trouvons devant le cimetière de la ville. Bill n'y a jamais mis les pieds depuis l'enterrement de son frère. Pour moi c'est le dernier moyen de faire revenir Bill parmi nous. Il tremble violemment, les yeux levés vers le ciel pour admirer l'immense portail en fer. Je ne réfléchis pas longtemps et attrape délicatement sa main. Il baisse aussitôt la tête pour me fixer droit dans les yeux. J'attends de voir... Soit il accepte, soit il va me repousser violemment...
.......A mon plus grand étonnement il entrecroise nos doigts me faisant frissonner à mon tour. Sa main est gelée... Ses longs doigts fins sont mêlés aux miens et j'ai beau me trouver en plein milieu d'un cimetière je ne peux qu'être aux anges. Je ne pense à rien d'autre qu'à sa main qui enlace délicatement la mienne.
.......On reste un long moment à se fixer, jusqu'à ce que sa main serre plus fort la mienne. Je caresse le dos de mon pouce pour l'aider à se détendre, comme si une simple caresse pouvait faire des merveilles.


Moi : on y va?

.......ll hoche la tête doucement avant que je n'emboite le pas. Il me suis, sa main toujours étroitement enlacée à la mienne. Plus nous avançons plus il la sert jusqu'à ce qu'il s'arrête et me tire violemment à lui.

Bill : tu.. tu m'laisses pas
Moi : non Bill
Bill : tu restes avec moi?
Moi : bien sur
Bill : tu le promets?
Moi : j'le jure,
dis-je en levant ma main libre
Bill : vrai de vrai?
Moi : je suis là Bill


.......Je souris devant son air enfantin. Bill n'a pas grandi. Un peu comme s'il s'était arrêter de grandir à 14ans... Sa façon de parler, de penser ou certaines de ses expressions restent vraiment enfantines et j'avoue que ça me fait totalement fondre. Je continue mon chemin à travers les tombes, cherchant la sienne* .
Je suis venue plusieurs fois pour un repérage, je savais que ce jour arriverait. Je savais qu'un jour je devrais confronter Bill à son pire cauchemar.
.......On s'approche, elle est juste en face de nous... Bill ne s'en souvient même pas. Je lâche sa main lorsque nous arrivons devant. Je me recule le plus possible pour le laisser seul... seul avec son frère. Il s'avance avec une lenteur extrême et s'accroupit face à la tombe de son frère. Une main tremblante se lève pour aller caresser du bout des doigts la stèle de marbre noir. Les ongles noir griffent les gravures d'or disant ceci :


Tom Kaulitz
1989 - 2003

.......Mes yeux me brulent atrocement et ma lèvre inférieure ne fait que trembler. Bill ne dit pas un mot, se contentant de caresser le marbre comme s'il s'agissait de la peau de son frère. J'ai mal, tellement mal de le voir comme ça. J'aimerais qu'il hurle sa rage et sa peine.
.......Les larmes glissent malgré moi sur mes joues, je ne peux les retenir car le spectacle qui s'offre à moi est d'une tristesse sans nom.
.......Bill se relève et avance jusqu'à moi avant de me sortir le plus naturellement du monde :


Bill : on rentre
Moi : non,
sanglotais-je, non Bill on ne rentre pas... je ne te ramène pas avant que tu lui as parlé c'est clair?
Bill : Tom n'est pas mort
Moi : mais bordel réagit Bill !
criais-je, regarde-là, dis-je en désignant du doigt la tombe, il est là Bill, il est mort, mort et enterré tu comprends?
Bill : non
Moi : on ne partira pas d'ici avant que tu lui ai pardonné


.......Je me recule pour me fondre dans l'obscurité. Il me tourne le dos et se réavance vers son frère. Il tombe brusquement à genoux, ses os cognent le marbre dans un bruit craquant qui me donne mal pour lui. Je m'assois dans l'herbe et l'observe de loin, comme tout les jours depuis 6mois maintenant. Je ramène mes jambes contre ma poitrine et les entoure de mes bras. Le silence est le plus total jusqu'à ce que les sangots de Bill fassent leur apparition.


Bill : non..non...non..non.non...non, sanglote-t-il

.......Il pose sur deux mains à plat sur le marbre avant de les crocher et faire crisser ses ongles sur toute la surface. Un son insupportable s'élève et je serre les dents pour ne pas gémir. Le bruit de ses ongles sur le marbre est probablement une des pires choses que j'ai pu entendre. J'ai envie de me lever et d'aller le prendre dans mes bras, les bercer pour le rassurer mais je ne peux pas. Tout ça... tout ça il doit le faire tout seul. Il répète inlassablement cette litanie jusqu'à ce que :

Bill : Tom.. Tomi pourquoi tu m'as fais ça? pleurant... Pourquoi tu m'as laissé tout seul ?

.......Il tape de ses mains sur la tombe de son frère. D'ici je peux voir les larmes qui s'échappent de ses yeux pour venir s'écraser contre le marbre froid qui retient prisonnier le corps de son frère. Il pleure, ses sanglots déchirent le silence de la nuit. Sa respiration est incroyablement rapide, ses pleures ne lui permettent même plus de reprendre son souffle.

Bill : j'y arrive pas Tomi.. pas sans toi... t'avais pas le droit de faire ça... tu... tu..t'avais promis de ne jamais m'abandonner.. Tom.. Tomi reviens.. j't'en pris... j't'en supplies tu peux pas me laisser tout seul..... j'ai besoin de toi

.......C'est maintenant avec ses poings qu'il frappe violemment le marbre. Dieu sait à quel point cette matière est dure pourtant il n'y a pas une seule grimace de douleur sur son visage. Du moins pas de douleur physique. Il n'y a que de la peine, du désarrois. J'ai l'impression de n'être qu'une vulgaire spectatrice devant son écran de télévision...
.......Je n'ose pas bouger, je reste là, tapie dans l'ombre à le regarder hurlant et exultant tout ce qu'il a pu garder au fond de lui depuis 4 longues années. Je souffle dans mes mains qui perdent peu à peu toutes sensations à cause du froid en ne lâchant pas Bill des yeux.
.......Sa bouche est ouverte sur un cri inaudible. Pour quelqu'un de sourd Bill serait entrain de hurler à plein poumon pourtant aucun son ne sort. Cette souffrance est totalement muette.


Bill : allez Tomi... s'te plait c'est pas marrant... il.. faut que tu rentres maintenant... tu vas revenir et tout redeviendra comme avant... hein Tomi? Tu vas revenir... on ne sépare pas des jumeaux... c'est toi qui m'l'avais dit

.......Sa voix est faible et tremblante... Seul le silence me permet de saisir chacun des mots qui passent la barrière de ses lèvres. Je décide de me lever et avance doucement vers lui. J'enlève ma veste que je pose sur ses épaules. Le pauvre doit être frigorifié mais il n'est plus conscient de rien. Je remarque que ses poings sont bleus, tirant parfois sur le violet, du aux coups et au vent glacial qui nous balaye.
.......Je m'agenouille à côté de lui et pose une main amicale sur son épaule. Il tourne la tête vers moi et c'est un visage dévasté que je rencontre. Ses yeux sont rouges, ses joues sont noires, ses lèvres sont bleues... Pourtant je le trouve toujours aussi beau.
.......Je lui adresse un sourire que j'essaie réconfortant malgré les larmes qui coulent toujours sur mes joues et tourne la tête vers la tombe.


Moi : il ne voudrait pas te voir comme ça Bill... pardonnes-lui, laisses-le partir
Bill : je n'peux pas vivre sans lui,
dit-il en pleurant
Moi : il sera toujours avec toi, je pose ma main sur son coeur, il sera toujours ici


.......Il relève son visage vers le mien avant de m'adresser un mince sourire. Mince peut-être mais qui gonfle mon coeur de joie. Je me relève et le laisse seul pour faire ses adieux à son frère. Je quitte le cimetière et m'allume une clope. Je crois n'avoir jamais été aussi heureuse de respirer cette putain de nicotine.
.......Bill revient, ses pas sont mal assurés et sa démarche est un peu branlante... Je m'approche de lui et lui tends ma cigarette en lui souriant. Ça ne pourra que lui faire du bien. Il tire fort sur le baton de poison avant d'aspirer la fumée en fermant les yeux.
.......Ai-je gagné ou perdu? Je n'en sais encore rien mais je sais au moins que j'aurais donné tout ce que je pouvais pour aider ce garçon.


Moi : allez maintenant on rentre, lui dis-je d'une voix douce

.......Il acquiesce d'un hochement de tête et nous reprenons le chemin de ma maison. Nos mères sont toujours au salon, elles ne se sont aperçues de rien... tant mieux. Nous montons les escaliers, Bill me suit comme un automate. Je l'amène à la salle de bain où je le démaquille. J'ai l'impression de m'occuper d'un enfant, son regard est lointain, totalement déconnecté de toutes réalités.
.......Je passe mes doigts le long de son visage, sur son front descendant sur sa tempe, glissant sur sa joue pour finir dans son coup. Il ne réagit pas. J'en profite pour passer ses mains sous l'eau avant d'appliquer du baume. Je l'amène ensuite jusqu'à ma chambre et l'installe dans mon lit avant de descendre lui préparer quelque chose de chaud.
.......Ma mère semble enfin s'apercevoir de ma présence.


Maman : alors chérie bonne soirée?
Moi : oui très merci, vous aussi on dirait
Simone : ta mère et moi nous avions beaucoup de souvenirs en commun... Ça fait un bien fou de se remémorer le bon temps
Maman : Simone ne me lance pas là-dessus, je sais beaucoup de choses compromettantes sur toi n'oublies pas !
Simone : non non s'il te plait,
rie-t'elle, et avec Bill ça va?
Moi : oui très bien, il dort en faite
Maman : laisse-le ici, Simone prendra la chambre d'ami
Simone : je ne suis pas sure qu'on puisse trouver le temps de dormir
Maman : et tu te souviens de cette chanson? C'était quoi déjà le titre... roo saleté de mémoire....


.......Je quitte le salon en riant, ces deux-là ne vont plus se quitter je suis prête à le parier. Je fais chauffer de l'eau avant de mettre un sachet de thé dans une grande tasse. Une fois nos tasses prêtes je retourne vers ma chambre, passant devant le salon où les rires fusent. Je ne peux empêcher un sourire béa de prendre place sur mes lèvres.
.......J'entre dans ma chambre et pose une tasse près de Bill. Il est replié en position f½tale, dos à moi. Je pars vers l'armoire et en sors un gros duvet que je passe par dessus son corps meurtri par les bleus.


Moi : je.. je t'ai apporté du thé.. fais attention il est chaud mais j'ai pensé que p'tèt tu... enfin tu vois tu fais comme tu veux. Je.. s'tu veux je serais dans la chambre à côté

.......Je m'apprête à passer de nouveau la porte lorsque sa voix s'élève :

Bill : attends

.......Je me stoppe et tourne la tête vers lui. Il n'a pas bougé. Je ne peux voir que son dos et le duvet se soulever au rythme de sa respiration.

Bill : s'il te plait je.. reste avec moi... me laisse pas tout seul

.......Je suis surprise et en même temps vraiment contente de ce qu'il vient de dire... Bill a fait d'énormes pas en avant ce soir. Je referme la porte derrière moi et avance prudemment jusqu'au lit. Je m'allonge à ses côtés, dos à la tête de lit et tente d'apercevoir son visage mais à part sa nuque rien ne m'est offert.
.......Nous restons ainsi l'un à côté de l'autre. Pendant des minutes... peut-être bien une heure. Et lorsque je croyais qu'il se fut assoupi il se détourne brusquement pour se coller contre moi, sa tête reposant sur ma poitrine.
.......Mon coeur se met à battre à une vitesse folle.
.......Je ne sais comment réagir tellement je fus prise de court. Ses cheveux ébène chatouille mon cou tandis que sa respiration se répercute sur ma peau nue, me faisant horriblement frissonner. Je finis par passer mes bras autour de lui, caressant son dos d'une main et ramenant le duvet sur nos deux corps de l'autre.
.......Son parfum me berce et c'est ainsi que nous nous endormons, enlacés dans les bras l'un de l'autre.
.......Je crois avoir la réponse à ma question... J'ai réussi...





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Bon j'espère que ça vous plait ?!
Premier OS de fini et j'en ai pleins d'autres en tête dont
deux que j'ai déjà commencé à écrire =D

Hésitez pas à critiquer, j'suis là pour tout entendre !!
Et si vous avez des idées d'histoires dîtes moi et
je pourrais peut-être les mettre en ligne ^^

Dîtes moi tout c'que vous pensez de cet OS


BisouxXxxXx

<3

# Posté le samedi 09 août 2008 21:32

Modifié le samedi 25 octobre 2008 13:43

Suite

Suite
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Si vous voulez être prévenue lors de la publication d'une nouvel OS laissez un com ici svp =D
Comme ça, j'aurais pas à chercher partout !
Je ne préviendrai que ceux qui sont inscrit ici ^^

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Bisoux

<3

# Posté le lundi 25 août 2008 12:59

Modifié le samedi 05 septembre 2009 09:24